Bataves

Les Bataves parmi Les Trente :

Quand les Clans de la « Ligue » se séparèrent, la plupart entrèrent dans une frénésie de conquêtes et de luttes fratricides pour s’approprier les plus vastes royaumes de la Germanie naissante. Les Bataves préférèrent eux rejoindre un « îlot » de terre protégé par les bras de fleuves et les bords de mer. Paisibles, désirants se détacher du tumulte de l’Histoire cette dernière les rattrapa avec la venue des Romains… Pragmatiques, ils utilisèrent le Droit pour s’entendre, parfois maladroitement, avec leurs « voisins ». S’ils commirent des erreurs, jamais ils ne cédèrent sur leur Bravoure et à la différence des Ubiens, et mêmes alors Fédérés, ils préservèrent au moins leur Gloire éphémère…


Il n'est pas prouvé que les Bataves aient été les ascendants des actuels Hollandais


Les Bataves

(Les Braves Fédérés)


Les Bataves (ou Batavorum) est l’un des plus anciens peuples Germains. Séparés très tôt de celui des Chattes ils semblent en avoir toujours gardé, sinon la garde de la Germanie, le même cœur de « Braves » !
Fiers et courageux les Bataves ont sans nul doute hérité de l’esprit de liberté et de résistance des Chattes puis ont développé leur propre culture « îlienne » due à leur territoire particulier. > Ainsi la région les accueillants fut à l’origine située dans l’embouchure même du Rhin, entre ses deux bras qui jusqu’à la mer forment alors le lieu dit de « Insula Batavorum », l’île Batave.
Un lieu fort bien préservé et protégé entre les deux larges bras du Rhin offrant un havre stratégique pour ce peuple et le fleuve offre un moyen de déplacement extrêmement rapide et lointain pour le commerce ou la guerre. D’ailleurs si l’un des bras est toujours nommé le Rhin, l’autre portait autrefois le nom de Vahal, Waal de nos jours ! (Ce qui n’est pas sans rappeler le Valhalla). Si leur pays était donc enchâssé et peu vaste, ils en dépassèrent les frontières sans doute non pas dans les Pays-Bas actuels mais bien plutôt en Gaule Belge.
Quand Rome découvrit leur pays ceux-ci le nommèrent Batavia… et ils nommèrent la capitale Bataves, Batavodorum.

Les Bataves formèrent un peuple bien plus pacifiques toutefois que leurs anciens Frères et durent à une période préservée de conflits d’avoir pu développer leur artisanat, leur agriculture et vie quotidienne.
Prêt à suivre ses chefs, le peuple Bataves s’en remet ainsi à qui le conduit et ne semble pas se formaliser sous quelle bannière ils doivent le faire ! Quoi qu’il en soit le Bataves le fera toujours avec tout son courage et sa bravoure. A contrario les volte-face de ce peuple et de ses alliances ainsi que l’avidité personnelle de chefs tels que Julius Paulus et surtout Civilis ne favorisa pas une bonne renommée envers les autres Germains et cette « Bravitude » leur fut certainement plus allouée par les Romains eux-mêmes…

Chroniques Bataves

-50 ? : Première confrontation et annexion par Rome lors de la « Guerre des Gaules ».
-16 : Participent sous Foedus à l’attaque de Drusus contre les Chérusques et les Chattes.
11 : Passant le Weser les Bataves tombent dans une embuscade vengeresse des Chérusques.
12 : Période d’entente la plus fructueuse avec Rome.
60/61 : Participent à la campagne du Général Romain Suetonius Paulinus contre les Celtes en Angleterre actuelle.
69 : Révolte du Batave Gaius Julius Civilis et de son peuple alors fédéré à Rome sous le bref règne de l’Empereur Aulus Vitellius.
70 : L’Empereur Vespasien fait mater la révolte de Civilis par ses Légions.
Fin 1er Siècle : Batavodorum, la capitale Bataves, est renommé Ulpia Novomagus sous l’Empereur Trajan qui en renforce le Foedus et favorise la paix.
250 : Annexés peu à peu par les Francs auxquels ils se confondront.

Plusieurs sources mêlent donc les origines des Bataves avec celle des Germains du Rhin mais surtout en font un ancien peuple Chattes duquel ils se seraient séparés poursuivant leur migration le long du fleuve jusqu’à son embouchure.
De là ils connurent leur apogée, connaissant une situation privilégiée favorisant leur développement, leurs implantations et surtout leur culture érudite. Mais vint comme on l’a vu l’arrivée des Romains. Leur Destin en fut pour toujours changé et ils furent dans les premiers à passer un Foedus de paix, lequel consista à son origine à les exempter de tributs si ce n’est que leurs guerriers participent aux campagnes Romaines.

La Légende des « Braves »

On trouve peu de traces du passage de César et de l’annexion des Bataves si ce n’est un épisode particulier de la « Guerre des Gaules » où les Bataves menés par leur chef d’alors, Cariovalde, contre leurs éternels ennemis, les Chérusques. Ces derniers dans une manœuvre parviendront à les séparer des Romains. Les Bataves livrèrent alors une résistance relatée comme incroyable. Pour finir Cariovalde se jeta au travers des lignes Chérusques avec son cheval et finit criblé de dizaines de flèches !
Son sacrifice ne fut pas vain car il redonna courage aux derniers Bataves qui furent sauvés par l’arrivée des Légions Romaines les ayant retrouvés à temps, gagnant là peut-être leur légendaire surnom de Braves

La révolte des Braves


En l’An 70 CE une révolte des Bataves importante se souleva.
Elle était emmenée par Gaius Julius Civilis, un Chef Batave Germain mais à la citoyenneté Romaine comme le Foedus particulier des Bataves l’autorisait auparavant. S’alliant pour l’occasion avec quelques anciens Celtes, Gaulois et Germains il déstabilisa les Légions Romaines de la région Rhénane. Cette révolte ne fut pas nécessairement mue par les mauvaises conditions des traités passés avec Rome mais sans doute plus pour Civilis d’ambitionner un rôle plus important dans la région.
D’autant plus que sous le règne de l’Empereur Aulus Vitellius un certain relâchement gagna l’emprise Romaine sur les Fédérés. Ainsi peut-on penser que Civilis attaqua au moment le plus faible de la vie politique Romaine d’alors, mettant ainsi toutes les chances de son côté !
De plus Civilis s’allia avec un Chef du peuple Celtique des Lingons, Julius Sabinus, alors officier Romain depuis que son peuple était Fédéré de la Gaule Belge Romaine (Ce qui à sa défaite lui coûta apparemment la vie ainsi que celle de son épouse, ses enfants étant envoyés aux confins de l’Empire !).

Dans tous les cas cette révolte eut de grands retentissements et les victoires importantes, la cité romaine de Mayence tombant même sous la férule des Bataves ! Toutefois la guerre civile ayant cours à Rome prit fin et un nouvel Empereur, plus fort, du nom de Vespasien envoya huit Légions d’élites pour mater cette rébellion. Les troupes Romaines étaient conduites par le Général Petilius Cerialis et secondé par le célèbre Julius Agricola !
Allaient-ils faire mieux là où les Généraux Hordéonius, Flaccus, Vocula et Labéon avaient échoué ?
Oui ! Et c’est à Trèves (sic !) qu’ils frappèrent, dispersant les Bataves et leurs alliés, mettant en déroute leurs chefs Gaulois et même Civilis qui se réfugia auprès des Chattes qui n’avaient que peu participé à cette révolte…

Pourtant de là il semble que ce Civilis traita avec le Général Cerialis pour qu’il lui permette de reprendre son trône et de se remettre sous protectorat Romain !

La paix, pas la guerre


Les Bataves auront toujours préféré la sérénité et la paix de leur petit Royaume « insulaire » à la politique. Ils pratiquaient d’ailleurs cette dernière avec pragmatisme notamment avec l’Empire qu’ils préféreront servir d’égal à égal. Mais les campagnes et conquêtes Romaines au-delà du Rhin les firent combattre les Chérusques, leur ennemi héréditaire, mais aussi les redoutés Chattes, leur peuple d’origine ! Par résistance (ou par opportunisme) c’est alors l’un de leurs chefs, citoyen de Rome, Civilis, qui parviendra à dresser le peuple Bataves contre Rome pendant une année. Mais ce Civilis traitera la fin des hostilités avec les Romains, négociant son retour sous leur protectorat ! Comme on le voit plus important était pour les Bataves leur propre destinée que celles des autres voisins Germains.
Un protectorat donc qui favorisa la paix au moins jusqu’en l’An 120.
Jusqu’en 250 le trouble des migrations Germaines déstabilisa la région Bataves et peu à peu au gré des alliances il semble que les Francs aient assimilés ce peuple au sien, leur histoire se confondant totalement à la fin de ce III° Siècle… là encore peut-être sans conflits majeurs et plus par pragmatisme.

Si ce n’est ces événements on ne connaît que peu des coutumes Bataves, leur Histoire étant peut-être trop brève à cet effet.
Toujours est-il que celles-ci leur furent certainement très spécifiques, enclavés comme ils l’étaient sur leur île-forteresse ! En outre cette « île » devait être sacré et leur culte proche des eaux et de la Terre-Mère. On sait aussi que leurs techniques étaient très élaborées comme l’était leur artisanat. On a trouvé également des restes de chaumières et d’écuries formant de petits hameaux assez évolués….

… mais plus important encore, les Bataves savaient écrire et lire, notamment le Romain, ou Latin ! (Et on comprend mieux leur compréhension des Foedus et ce qu’ils en tirèrent comme avantages.)

Ce qui en fait l’un des peuples Germains les plus érudits et il est fort à parier que l’on devait s’arracher les services de tels scribes dans les autres Clans !
C’est là en tout cas une particularité assez rare et à souligner.


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