Centaures

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Les Centaures (Κένταυροι ou Kéntauroi en Grec Antique) sont les célèbres créatures cheval au buste d’homme.
Monstres brutaux, colériques, violents et sanguinaires, ces hybrides grotesques n’en sont pas moins la métaphore bestiale de liberté qu’évoque leur nature mi-humaine, mi-animale.

Leurs origines restent troubles et leur paternité complexe. Toutefois on peut situer leur genèse à partir de l’être Ixion qui n’avait de cesse de désirer Héra. Zeus l’apprenant créa la « nuée » (du nom de Néphêlé) à l’image de cette dernière, trompant Ixion qui s’unit à cette illusion. De là naquirent directement les Centaures ou peut-être avant la créature Centauros. Dans ce cas c’est par l’union de Centauros avec les Juments de Magnésie que finirent par naître nos Centaures…

C’est peut-être la légende de ces juments qui donnèrent l’image de l’homme cheval aux Centaures bien que des traductions de leur nom pourraient faire penser à des corps de bovins, de taureaux ou d’autres créatures plus massives encore. Quoi qu’il en soit ils étaient redoutés de part leur horde sauvage, leur cruauté et leurs mœurs « barbares » car ils étaient friands de chair crue.
Vivant dans la région de Thessalie et ayant leur repaire sur le mont Pélion, ils écumaient les forêts et montagnes en recherche de viande mais aussi de bon vin et surtout de femmes. Toutefois plusieurs d’entre-eux se distinguèrent de cet aspect brutal. D’abord Chiron, qui semble avoir porté le titre générique de « Centaure », mais aussi Pholos, sage et bon.

Dans les mythes, les Centaures sont trouvés dans bons nombres d’aventures.
Ainsi si on trouve la légende la plus commune les mettant en scène contre les Lapithes, on en trouve confronté à Atalante ou à Héraclés.
(Se reporter aux personnages concernés)


Comme vu au début de leur présentation, on comprend bien l’imagerie du mythe de ces créatures mêlant les hommes civilisés à ceux plus primaires mais aussi à la Nature indomptable. Cette fusion (ou « Chimère ») de l’Homme et de l’Animal peut s’expliquer par les légendes des premiers cavaliers arrivés en Grèce ou ayant pu monter de tels animaux. Dans une autre vision Evhémériste, il est tout aussi probable que les cavaliers de Thessalie avaient développé un tel art équestre que les autres peuples les confondirent dans les mythes avec leurs montures.

Les Centaures les plus célèbres :


Iphinoüs
Latrée
Lycabas
Lycidas
Lycopès
Lycus
Médon
Mélanée
Mérméros
Monychus
Nédymnus
Nessos
Nessus
Ophion
Ornéus
Pélatès
Pétréus
Phaeocomès
Phlégréos
Pholos
Pholus
Piractès
Pisénor
Pyraethus
Rhoécos
Rhoétus
Riphée
Styphélus
Téléboüs
Térée
Thaumas

Texte imaginaire

Les brumes de l’aurore étaient encore épaisses au lever de ce jour naissant.
Leurs voiles filandreuses s’étiraient telle une toile d’araignée entre les silhouettes que l’on devinait arbres. A leurs racines, l’humus de la forêt répandait ses fragrances, les odeurs fortes laissées par le passage des animaux nocturnes parfumant les airs chargés de l’humidité de la rosée.
Quelque chose craqua dans le sous-bois encore indistinct.
Là-bas un bruit de succion dans le sol meuble trahi le pas lourd d’un être y enfonçant son pas. Cela tapa alors soudainement et furieusement la terre !
Des branches craquèrent de nouveau et cette fois un martèlement puissant et massif frappa d’ondes telluriques l’orée du bois, effrayant quelques oiseaux à peine réveillés. Il y eut comme un raclement de gorge, profond et bestial. Taillis et buissons s’agitèrent et dodelinèrent au passage de l’être.
Cela arrivait.

Au début on ne distingua qu’un corps imposant aux teintes brunâtres. Malicieusement le brouillard n’en laissa entrevoir qu’une partie. Un cerf ? Un bœuf sauvage peut-être… à moins que ce ne fut là un cheval bien qu’il n’aimait pas particulièrement les forêts, trop dense.
Cela sentait fort, un musc viril, une odeur de mâle gorgé d’ardeur et de fougue.
Sa longue queue, drue et au crin dur, fouetta la robe parsemé de veines et tout autant de tics nerveux la secouant sans cesse. De larges sabots terminant des pattes courtes mais surpuissantes raclèrent le sol le pourfendant de larges sillons comme le fer balafre les chairs. L’animal vociféra de nouveau, un large faisceau de brume s’exhalant de ce que l’on pouvait s’attendre comme un formidable museau bovin…
Alors il apparut ! Chimère bestiale, hybride monstrueux ou incestueuse créature, l’être dépassa par l’imagination le présage annoncé par sa venue.
Au lieu d’une encolure c’est un buste, épais, hirsute, couvert de poils et de muscles saillants, d’un homme qui se dressa aux vents l’ayant délivré de sa gangue éthérée ! Un homme oui, mais un homme déchiré par la colère creusant son visage de traits brutaux et violents. Les poings serrés jusqu’aux sangs, les deux bras s’ajoutant aux deux autres paires de pattes n’étaient pas moins impressionnants, l’avant-bras étant aussi larges que les biceps menant aux épaules !
Le poil du torse était noire, ténébreux même et frisé de boucles collées et souillées par la bave dégouttant de sa bouche exhalant de nouveau sa rage. Les cheveux de l’être n’en étaient pas moins sales et hirsutes tout autant en bataille. Epaisse cette chevelure était plutôt celle d’un fauve. D’ailleurs l’homme au corps barbare en avait presque l’apparence, tout du moins l’allure si ce n’était son regard…
… un animal n’avait pas ce genre de regard.

Les yeux rougis, vifs et sanguins, ils étaient là ce qui faisait de la chose un humain.
Mais c’était là toute la part sombre de l’humanité qui bouillonnait dans son sang ! Une rage bestiale grondait comme un ressac permanent dans ses entrailles, le long de ses flancs toujours haletants et pour finir jusqu’à sa gorge prête à beugler la haine de sa condition ou de sa malédiction.
Ni vraiment un homme, ni vraiment un animal, comment cette créature pouvait-elle trouver la paix ?
Soudain il s’ébroua presque et sa colonne ou son encolure portèrent son buste de droite à gauche, ses narines se dilatant comme à la recherche d’odeurs capables d’assouvir sa voracité ou sa soif. Il fit deux ou trois pas en arrière comme pour prendre de l’élan. Toutefois il en profita pour appuyer son corps chevalin sur l’écorce d’un arbre s’y grattant sans ménagement. Un jet d’urine violent et saisissant à l’odeur arrosa la terre au-dessous sans qu’on sache s’il s’y soulagea ou s’il y marqua là trace d’un nouveau royaume conquis.
Un cri guttural s’arracha alors violemment de son cou tordu par les muscles et les artères battantes s’y gonflant comme des scarifications encore fraîches !

Frappant son buste de ses terribles poings, ce seigneur mi-homme, mi-animal, se cabra avec une vigueur étonnante pour son poids.
Puis d’un bond incroyable il s’arracha presque dans les airs, chevauchant la lande et faisant trembler la terre du roulement infernal de ses sabots tranchants et percutants ! Oui cette chose était une bête grotesque sans aucun doute mais la fureur de la vie l’animant était bien humaine, c’était celle de la liberté !

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Texte original sur le site **Sagas


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