Chattes
Les Germains vont au combat, les Chattes, eux, à la Guerre !

Les Chattes parmi « Les Trente » :

Dans la « Ligue » il est difficile de mettre en lumière un peuple plus légitime qu’un autre, plus valeureux ou Glorieux. Si les Cimbres avaient pour héritage le mythe des Cimmériens, peut-être en auront-ils faits eux-mêmes legs à leurs Frères voués au même idéal et à la même quête… les Chattes. Ceux-là seraient désormais craints par tous, l’Histoire semblant même taire leurs existences ; de peur d’attirer leurs inquiétantes présences ?
Nerveux, le corps noueux comme les arbres de leur Forêt, les cheveux rasés et le corps peint de bandes blanches, ces Hommes que l’on disait aller à la Guerre quand les autres Germains n’allaient qu’au combat, gardaient-ils un secret ? Si cela fut vrai, ce fut celui du cœur de la Germanie et à l’image de leurs héros mythologiques, les Einherjars, ils étaient prêts à mourir pour le défendre…


Le Peuple des Chattes est l'un des plus mystérieux des Germains et à ce titre des parties plus distinctes de leur présentation sont extrapolées depuis leurs rares sources dans les textes


Les Chattes

(Les Gardiens-Einherjars)


Les Chattes, également Cattes ou Chattuaires (Chatti/Catti en Latin et Herminones quand ils étaient alliés à leur arrivée en Germanie) sont l’un des peuples Germains les plus intriguants par ses racines antiques, profondes et fraternelles, mais aussi par leur culte très proche des origines du Hof et de la nature sacralisée, et enfin par leur légitimité Germanique en faisant l’un des plus importants, non par leur nombresmais par leur culture intacte.
On a toutefois étrangement que très peu de connaissances à propos de ce peuple pourtant redouté des Romains mais aussi des autres Germains !

Décrit comme étant forgés pour l’exercice, nerveux et dur, les guerriers Chattes étaient de présence inquiétante et mûs d’une volonté inébranlable. D’ailleurs ils formaient une infanterie massive, cohérente, émérite et disciplinée, toute vouée à un chef choisi par les hommes la composant.
Ce caractère guerrier trouve d’ailleurs sa pertinence dans le fait que les combattants laissaient pousser leurs cheveux et leurs barbes jusqu’à ce qu’ils tuent leur premier ennemi ! De plus ils portaient un ou des anneaux ou une torque de fer, jusqu’à ce qu’ils puissent l’ôter ou les ôter par un acte d’une grande bravoure prouvant leur vertu et courage…
Voilà ce qu’en dit Tacite dans son Germania :

"[—-] Beaucoup de raisonnement et d'habileté, pour des Germains : ils prennent pour chefs des hommes choisis, écoutent ces chefs, gardent leurs rangs, saisissent les occasions, diffèrent leurs attaques, ordonnent leurs journées, protègent leurs nuits, tienne la chance pour incertaine, la vertu pour sûre, enfin ce qui est très rare et n'a été accordé qu'à la discipline Romaine, ils comptent sur un chef plus que sur l'armée." Tacite

Enfin, outre leur aura puissante, certains guerriers se blanchissaient les parties de leur corps dénudé, essentiellement ceux des premières lignes qui montaient à l’assaut et ne reculaient jamais ! A ce propos on pourrait retenir comme adage à ces vaillants combattants ce qu’en disaient les légendes et qui illustre tout à fait l’« Esprit Chattes », le « Chattos Suos »…

« Les peuples vont au combat, les Chattes, eux, à la Guerre ! »


Pour le reste on peut imaginer les Chattes comme des êtres investis, profonds, déterminés et mystérieux. On peut aussi penser que le camouflage, la connaissance de leur environnement et peut-être une certaine noblesse, voire une suffisance, devaient les caractériser.

Chattos Suos


Leur Royaume n’était certainement pas très grand, ce qui n’en atténue pas la valeur à l’image de ces Gardiens des valeurs.
En fait dans toute leur Histoire, les Chattes demeureront aux orées de leur domaine sacré, la Forêt Hercynienne et principalement aux orées du Weser (un fleuve Allemand), de l’actuelle Hesse (Allemagne), de l’Elbe, de l’actuelle Forêt Noire (Myrkvid et en masse du côté de la Germanie Rhénane. Ainsi est décrite leur Forêt par César lui-même :

« Il n’est aucun Germain de cette contrée qui, après soixante jours de marche, puisse dire qu’il est arrivé au bout ni savoir en quel lieu elle commence. On assure qu’elle renferme beaucoup d’espèces de bêtes sauvages qu’on ne voit pas ailleurs ».

Et à cette époque on parlait d’Aurochs, d’élan et même d’Unicorne ! Pline l’Ancien, lui, parle de « chênes énormes contemporains de l’origine de l’univers » !
Tacite évoque lui-aussi la personnification même de cette forêt par le terme de Chattos Suos.
D’ailleurs Tacite met en termes à la fois cet habitat et les faits d’armes à suivre :

On y apprend qu’ils résidaient dans la forêt Hercynienne ; là où ils repoussèrent les premiers les Romains sur les Limes Rhénanes. D’ailleurs ce passage renvoie ou se confond étrangement avec l’épisode ayant confronté Drusus avec une horde « Barbare » menée par une femme guerrière d’une incroyable présence et stature lui ayant interdit de poursuivre au-delà de son territoire !

Et Drusus recula en effet…


Nouvelle originale à retrouver sur le site Sagas
Articles Romancés

Chroniques Chattes

-11 : Les Chattes repoussent Nero Claudius Drusus et présagent des futurs Limes Rhénanes.
-13 : Participation à la Bataille de Teutoburg.
16 : Campagne de Germanicus en territoire Chattes.
37 : Expansion jusqu’aux territoires Ubiens puis repoussé par les Romains.
La fille du chef des Chattes, Catumerus, est otage de Rome. Son fils deviendra Roi des Chérusques.
70 : Les Chattes participent au soulèvement du Batave Civilis.
75 : Les Chattes deviennent célèbres par les écrits de Pline l’Ancien à leur sujet.
83 : Affrontement entre les Chattes et l’Empereur Domitien.

L’Histoire Chattes se mêle avec d’autres peuples Germains plus denses.
Toutefois beaucoup de ces peuples trouvent leur racine au sein des Chattes, en faisant ainsi l’un des clans les plus légitimes et représentatif de l’esprit Germanique. Ainsi leur Histoire côtoie d’abord celles des Chérusques et Suèves dans l’alliance méconnue des Herminones.
Les Bataves auraient eu des liens forts avec eux mais très vite beaucoup de ces Clans dont les Mattiaciens passèrent des alliances désastreuses avec Rome alors que les Chattes restèrent toujours « Libres »…
Le reste des Annales concernant les Chattes est fait d’actes de bravoures et de résistances.
D’ailleurs leur histoire se perd dans le cœur de leurs forêts impénétrables. Traversant les siècles on sait qu’ils disparurent sous la conversion chrétienne, une période que l’on date vers le VIII° siècle quand le missionnaire « Boniface » fera brûler un chêne sacré en 723 !

Toutefois on sait que beaucoup craindront longtemps (et encore de nos jours) de se rendre au cœur des forêts, de peur de se retrouver face aux Chattes…

La Bataille de Teutoburg


La « Bataille de la forêt de Teutoburg » (Article à venir) ou « Teutberg », ou « bataille du Teutoburger Wald », est l’un des épisodes les plus guerriers de ce premier siècle en l’An 9 CE exactement.
En fait cette bataille dantesque, présageant déjà celle des Champs Catalauniques, vit s’affronter Varus et ses Légions aux guerriers Chérusques d’Arminius. Pour ce qui concerne les Chattes, il est donc mentionné qu’ils y participèrent, eux les maîtres des Forêts, la Forêt de Teutoburg étant à cette époque semblable à la Forêt Hercynienne, peut-être même se rejoignaient-elles…
D’ailleurs les Chattes connurent semblable exploit, pourtant plus méconnu, sur les Limes Rhénanes.

Les Limes Rhénanes


Les Limes étaient pour les Romains ce qui représentaient les frontières de l’Empire.
Consistant en des parties de forêt déboisées, quelques baraquements, la plupart de ces limes étaient en fait des chemins de patrouilles.
Représentant les lignes de démarcations entre l’Empire dit « civilisé » de Rome, elles permettaient d’observer les mouvements ennemis et de protéger les territoires Romains des raids « Barbares ». Des fortins se trouvaient à la jonction des voies romaines couvrant les limes. Le mur d’Hadrien en est une des plus célèbres même si celles délimitant la Germanie furent les plus étendues et lieux de nombres affrontements. Ce système était très efficace et permettait des mouvements de troupes très rapides.
Toutefois les Foedus passés avec certains Clans Germaniques et le servage des Lètes principalement permettaient d’en assurer un fonctionnement total.

Les Limes Rhénanes, elles, concernaient en particulier la frontière d’avec la Germanie surtout sur toute la partie du Rhin. On y trouvait à son apogée plus de 60 places fortes disséminées chacune d’une dizaine de kilomètres et agrémentées de tours de guets au nombre de plusieurs centaines tout le long et entre elles !
Outre le Rhin, il en fut établi le long du Danube entre-autre où une flotte fluviale Romaine fut ajoutée aux patrouilles terrestres…
Enfin on peut penser que c’est l’affrontement entre les Chattes et le Général Drusus en l’An 11 BCE ou 12 BCE qui délimita ces fameuses Limes Rhénanes, les Romains n’ayant jamais pu ensuite les repousser plus avant en Germanie. Ainsi les Chattes en Germanie, selon toute vraisemblance, prirent malgré leur « petitesse », leur place légendaire dans le cœur des Frères comme les premiers résistants à Rome, leur territoire aux abords des premières Limes Rhénanes n’ayant dés lors jamais été franchi !

La tempête de Germanicus


Germanicus arriva en terres de Germanie, fort de venger son père, Drusus, défait par les Chattes.
On sait dès lors qu’il mâta les désertions de ses Légions et remit en marche une armée disciplinée pour investir le domaine Chattes. Et il y fit un ravage important, gagnant en l’An 16 CE ce qui semble être la « Cité-Etat » des Chattes, la mythique Mattium. Il l’incendiera entièrement (mais rien n’est moins sûr, se reporter à l’article de Mattium) !
Toutefois prêt à atteindre le cœur du pays Chattes, voilà comment Tacite décrit la suite :

Une tempête effroyable vint à se lever, rempart toujours infranchissable comme l’avait connu Varus, Drusus et maintenant Germanicus :

Celle-ci emporta les Romains en d’autres univers !
Oiseaux inconnus, monstres marins, êtres dont on ne savait s’ils étaient des hommes ou des bêtes, choses qu’ils avaient vu, ou que, dans leur terreur, ils avaient imaginées. »
Et bien une nouvelle fois un Général Romain recula en terres Chattes… là où il est dit que l’armée de Germanicus était de 90 000 hommes ! Cette tempête eu lieu alors que cette armée était embarquée sur plus de 1000 navires ! Toutefois Germanicus attaqua les Chérusques au lieu des Chattes et remporta victoire, retournant à Rome sans parler de son échec…

La traîtrise des Ubiens


Durant plusieurs décades les Chattes étaient continuellement en guerre contre les Ubiens, un peuple traître à leurs yeux, effrayés par leur puissance. Traître car ces Ubiens furent les premiers Germains à passer entière alliance avec les Romains.
Mais c’est en l’An 37 qu’ils mandèrent l’aide d’un Général du nom de Lucius Pomponius. Désireux de venger Varus et Drusus, Lucius Pomponius pu compter sur les renforts de Rome et sur la traîtrise des Ubiens pour surprendre les Chattes à la frontière en capturant bon nombre lors de l’embuscade tendue ! Certains Chattes furent capturés et malgré l’échange de prisonniers Romains en leur domaine, la fille du Chef du Clan des Chattes concerné, fut envoyée à Rome !
Cette noble fille, Catumérus, reste énigmatique mais on peut douter qu’elle fut si aisément donnée comme otage. Etait-elle une guerrière prise au combat ? En tout cas il reste qu’elle fut aussi la mère d’un futur Roi Chérusques…
  • La révolte des Bataves

En l’An 70 une révolte des Bataves importante se souleva.
Elle était emmenée par Gaius Julius Civilis, un Chef Batave Germain mais à la citoyenneté Romaine ! S’alliant pour l’occasion avec quelques anciens Celtes, Gaulois et Germains il déstabilisa les légions Romaines de la région rhénane.
Les Chattes participèrent à cette révolte et assurèrent un temps sa protection avant que Civilis ne retourne sous protectorat Romain !

La terreur des Chattes


Parler de terreur pour évoquer l’affrontement de l’Empereur Domitien avec les Chattes est peut-être un peu trop fort.
Toutefois les Légions de cet Empereur qu’on disait terrible et cruel coûtèrent cher aux Chattes. En l’An 83 il leur infligea des pertes terribles et les repoussa au plus profond de leur royaume. Par cet exploit durable qui renforça les Limes Rhénanes, il s’octroya le titre de « Germanicus » (une désignation courante pour les Généraux combattant les Germains pour se glorifier de leurs conquêtes) comme s’il avait enfin vengé la longue lignée de Généraux défait par les Chattes. Par chance, la politique et les intrigues l’envoient sur d’autres fronts et les Chattes survivent à la plus grande menace qu’ils connurent depuis leurs origines !

La Cité Mythique de Mattium


Comme nous l’avons vu les Chattes vénéraient les Forêts et rivières et à ce titre devaient rendre culte à des Vés naturels en étant le plus proche du Hof dans ce qu’il avait d’« Elémentaliste » (ce qui semble les avoir mis en guerre fratricide contre les Hermundures, du moins pendant un temps).
Autre particularité semble avoir été celle de leurs bains d’eau chaude !
Ces Aquoe Mattiacoe trouvent leur nom dans les anciens Clans Chattes, les Mattiaciens. Et ces derniers tirent eux même leur nom de leur capitale :
Mattium la Mythique

Comme on sait l’aversion des Germains pour les cités (car dans tous les cas Drusus parla de place forte, qu’il semble n’avoir jamais trouvé d’ailleurs) ce serait là incroyable qu’une cité Germanique ait existé ! Malheureusement il semble que Germanicus l’ait incendié, si c’était là bien elle, et qu’il n’en soit resté aucun vestige…


Les Gardiens Einherjars

einher10.jpg

Alors les Chattes
… auront-ils été pour les Germains ce que les Spartiates étaient à la Grèce ?
Sont-ils le peuple le plus Guerrier des Germains ? Sont-ils les dignes descendants de l’esprit des Cimmériens ?
Etait-ce bien leur Reine qui repoussa Drusus sur l’Elbe ?

Comme on l’a vu dans tous les évènements où ils apparaissent, les Chattes sont toujours décrits comme intransigeants, présents aux premières lignes de chaque bataille, craints des autres Clans Frères et particulièrement mystérieux.
Quand les Germains laissent long cheveux, symbole de Liberté, eux se les rasent pour marquer leur Gloire au combat ! Quand les autres se battent de manière indépendante et en petits groupes désordonnés, eux forment un esprit de corps et forment des bataillons de guerre… Quand les Germains sont réfractaires à l’autorité, les Chattes se plient à des Codes complexes et disciplinaires. Les Clans cherchent à conquérir sans cesse en se déplaçant de territoires en territoires, eux demeurent en leur domaine et y résistent jusqu’à la mort !

Malgré les caractéristiques peu communes de ce peuple et sa puissance terrifiante, ils ne sont mentionnés qu’au tout début des premiers siècles. Ensuite on perd leurs traces dans les Annales de l’Histoire… pour réapparaître brièvement au VIIIème Siècle où leur disparition de l’Histoire est mentionnée !
Un mystère de plus les concernant…
Rome a-t-il désiré taire la résistance des Chattes aux Limes, comprenant qu’ils ne les franchiraient plus ? Durement frappé par ces mêmes Romains sous Domitien ont-ils préféré s’enfoncer plus profondément dans leur Forêt sacrée pour en devenir les seuls gardiens ? Les schismes nombreux en leur sein a-t-il réduit leur nombre pour ne laisser qu’une communauté radicale ?
Il est difficile de répondre à toutes ses questions.

Mais ces Guerriers exceptionnels chez les Germains sont peut-être eux-mêmes aux Limes du Mythe du Guerrier idéal suivant un Code d’Honneur antique et originel. Dans la mythologie les Einherjars étaient les guerriers ultimes préférant affronter le Wyrd leur étant réservé les armes à la main pour par leur martyr atteindre la Valhalle. Et le nombre d’élus étaient limités lui-même à un nombre mythique…
La société Chattes entièrement Guerrière avait-elle pour sens cette Quête philosophique ?
Est-cela le fameux « Chattos Suos » qu’on leur prête ?
Une dernière fois l’adage les décrivant vient illustrer ce peuple étrange :

« Les peuples vont au combat, les Chattes, eux, à la Guerre ! »

Les Trente
Peuples

Unless otherwise stated, the content of this page is licensed under Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 License