Cimbres

Les Cimbres parmi les Trente :

Les Seigneurs Cimmériens sont parmi les "Trente" l'une des figures les plus conquérantes des Germains. Ils caractérisent et symbolisent tout l'esprit de guerre des hommes de bataille. Les Frères Cimbres sont aussi nimbés de mystères car les légendes les font descendants des Cimmériens, ces êtres phantasmagoriques dans l'imaginaire de l'antiquité.
Ces êtres de fureur et de martyr, on peut l'imaginer pour leurs éventuels survivants, auront sans doute encore régnés comme derniers Seigneurs sur les ruines de leurs Royaumes… peut-être comme la Reine de Mattium sur les Trente…


Se reporter également à l'article : « Cimmériens »


Les Cimbres

(Les Seigneurs Cimmériens)


Les Cimbres (Cimbri en Latin) formèrent l’un des tout premiers peuples Antique Germain.
Venus selon Pline l’Ancien depuis le « Jutland » (Scandinavie) ceux-ci accompagnés des Teutons puis des Ambrons pénètrèrent sans doute les premiers en Europe continentale en tant que peuple complet. Pourtant leurs origines réelles demeurent mystérieuses. Peuple voyageur et conquérant, ils semblent qu’une partie de ces Cimbres aient déjà traversé l’Europe et que ceux-ci portaient un nom donné par les Grecs très évocateur… les « Cimmériens » !
A ce titre se référer à l’article complet des Cimmériens.

Chroniques Cimbres

-120 : Migration du peuple Cimbres au travers de l’Europe (60 à 80 000 membres).
-119 à -114 : Alliances avec les Teutons, les Ambrons et quelques tribus Celtes.
-113 : Première confrontation historique de Germains contre des Romains à la « Bataille de Noria ».
-109 : Conquête de la Gaule : Episode dit de la «Guerre des Cimbres» contre les légions Romaines.
-107 : Bataille d’Agen.
-105 : Grande victoire à Arausio et conquête brève d’une partie de l’Espagne.
-102 : Le grand schisme des Cimbres et des Teutons.
-101 : Conquête de l’Italie et destruction du peuple Cimbres par Marius !

Les Cimbres étant donc un des peuples les plus antiques des Germains peu de leurs mœurs nous est parvenu. On peut toutefois estimer qu’ils étaient des conquérants et des aventuriers, et quels aventuriers pour partir en des terres totalement inconnues ! Guerriers rompus et marcheurs invétérés, il ne semble pas que quoi que ce fût puisse les faire reculer, ils l’ont ainsi démontré jusqu’à leur perte !
Enfin les Cimbres portait aux femmes une attention des plus particulières. Les femmes étaient gardiennes du culte, celles-ci, des Prophétesses portant les augures du Destin, ce qui semble aller de concert avec les conquêtes à décider. En outre Tacite évoque dans Germania, que Rome était à la recherche de telles Prophétesses, surtout justement les femmes Cimbres… Peut-on ainsi mieux comprendre leurs suicides à la menace de devenir Lètes ? Dans tous les cas, les femmes Cimbres avaient un rôle fort au sein du clan.
Ce clan à démontré en outre qu’ils aimaient la mixité et le mélange entre clans disparates et même d’autres origines, ce qui là aussi va de concert avec un esprit aventurier…

Terra Incognita des Cimbres

Pourquoi parler de « Terra Incognita Cimbres » ?
Et bien les 20 ans passés par les Cimbres à parcourir l’Europe ont fait d’eux des conquérants et des nomades n’ayant jamais réellement investis et résidés en une même place. Ainsi depuis leur départ du grand Nord, les Cimbres connurent principalement trois lieux où se déroulèrent leurs aventures ainsi que quelques incursions ci et là.
Leurs premières incursions se situent en Norique et en Bohême en l’An -113. A partir de là, les Cimbres poursuivent toutefois vers l’Ouest au lieu de l’Italie et traversent les Alpes. La Gaule leur est ouverte et ils la traversent rapidement pour en l’An -109 en conquérir tout le territoire au sud jusqu’à l’ouest et l’océan.
De là en l’An -105, les Cimbres poussent jusqu’à l’Espagne mais y sont vites repoussés. Sans doute toujours en quête d’une terre accueillante, et probablement assoiffés de conquêtes, ils reviennent en Italie Romaine… une terre qui sera leur cimetière !

La Guerre des Cimbres


Cette « Guerre des Cimbres » est en fait l’Histoire même de ce peuple dont le Destin n’aura été fait que de guerres.
Arrivés en Europe continental poussés par les famines avec les Teutons et les Ambrons, cette alliance conquérante représentera entre 100 et 300 000 individus (les Cimbres eux ne comptant qu’entre 50 et 80 000 membres) ! On peut dés lors imaginer le fantastique cortège que cela a pu représenter alors, la plupart de ceux s’y joignant étant de plus de redoutables guerriers.
Dés lors la machine de guerre est lancée sur des champs de bataille encore vierges… jusqu’à l’An 113 BCE quand ceux-ci arrivent à Noria, une cité gardée par des Légions Romaines !
Alertés par leurs alliés Celtes de la région (ces derniers étant écrasés par les Cimbres ou parfois ralliés à leur cause), Rome fait face.

Ainsi pour la première fois de l’histoire un peuple Germain engage la bataille conte une armée de l’Empire ! Ce fait est connu sous le nom de la « Bataille de Noria » qui aura un impact incroyable sur cet époque et déjà sur l’expansion Romaine. Et pour cause la bataille fut d’une telle brutalité que la plupart des légions Romaines furent !

Dés lors le monde Romain changea pour toujours regardant désormais le Nord avec inquiétude…
… la Guerre des Cimbres fut enclenchée.

La Guerre des Cimbres est donc lancée et les Romains n’auront de cesse de pourchasser les conquérants venus du Nord, il en allait de la crédibilité de l’Empire tout entier !
Mais c’est la Gaule qui devint donc l’arène de cette chasse et non l’Italie où Rome aurait eu sans doute beaucoup à craindre des Cimbres et de leurs alliés. Mais pour une raison inconnue ces derniers préfèrent peut-être contourner les Alpes. La Gaule sera sous le joug de cette puissance guerrière jusqu’en l’An 109 BCE mais si les campagnes étaient craintes, les cités étaient encore épargnées.

Un Général Romain aura alors mission d’écraser les Cimbres. Du nom de Marius, Consul Caius Marius le Sage, celui-ci allait devenir le plus dangereux et infatigable de leur poursuivant…

Comme un fait exprès, les Cimbres s’en prennent aux cités. « Burdigala » (l’antique Bordeaux) tombe avec son consul et quelques Légions ! En 107 BCE c’est Agen malgré les nombreuses résistances Romaines de la cité. Le pire pour Rome survint à Arausio (Orange en France) en l’An 105 BCE où la puissante armée de l’Empire y étant postée se voit totalement écrasée! La Gaule semble perdu pour longtemps et les Germains poursuivent leur folle percée jusqu’en Espagne…
Ce sera la fin de la Fortune et de la Gloire Cimbres.
D’abord les Celtibères (peuple Celtes Ibérique) parviennent à repousser la coalition Cimbres. Faut-il y voir là le schisme entre Ambrons, Teutons et Cimbres ? Cette désunion fragilisera implacablement le Destin de tous…

L’Embuscade des Martyrs


… et le stratège Marius l’appris !
Séparés de leurs alliés ce seront d’abord les Teutons qui tomberont à Aquae Sextiae (l’actuelle Aix-en-Provence). (Se reporter aux Teutons).
Mais pour ce qui concerne les Cimbres il fit là encore preuve de malice, semblant les fuir plutôt que de les affronter malgré cette division des clans. En fait il accompagnera leur course les laissant pénétrer de nouveau en Italie en l’An 101 BCE.
Plus précisément au lieu dit de Vercellae (ou Verceil) où les Germains à leur arrivée sont piégés par 10 Légions entraînées et fraîches, venues de Rome ! En fait un Général Romain du nom de Catulus les aura attiré au travers des Alpes jusqu’en Italie où attentait Marius et ses Légions d’élites.
La bataille fut décidée sur les Champs Raudiens (Raudii Campi) à Vercellae et Florus, un historien, l’a narre ainsi :

Cette furieuse et terrible bataille eut donc lieu en cet An 101 BCE, peut-être à la fin du mois de juillet.
On ne sait précisément à cette époque ce qu’une Légion (sans doute 6000 hommes) représentait mais il semblerait que Marius ait eu à sa dispositions 30 000 hommes et sous son commandement les 20 000 hommes de Catulus. Les Cimbres séparés des Teutons et des Ambrons, et peut-être d’autres tribus Celtiques, n’étaient peut-être pas plus de 100 000 et encore avec les jeunes, les enfants, les vieillards et les femmes (encore que certaines femmes participèrent à la bataille).
Ce rapport de force ne profita pourtant pas aux Germains. La stratégie impeccable de Marius les confronta au Soleil aveuglant, aux vents contraires et à des unités Romaines entraînées et devenues professionnelles, et enfin sans fatigues car venues de Rome non loin d’ici.
Pourtant les Cimbres pour certains avaient des chevaux (15 000 peut-être !), des larges boucliers blancs, des lourdes cuirasses de fer, des lances à deux crochets et des épées longues et larges…
Mais rien n’y fit et ils tombèrent les uns après les autres sans affaiblir les rangs des légions ! Que Florus parle de 65 000 occis pour moins de 300 Romains restent toutefois suspicieux, d’abord parce que l’histoire est écrite par les vainqueurs, d’autre part car ce rapport des faits rappelle beaucoup les Spartiates à leur époque !

Quoi qu’il en soit, le plus effroyable vint des femmes Cimbres.
Le martyr de ce premier peuple conquérant Germain marqua à jamais leurs autres peuples Frères mais aussi les Romains. Ces femmes, comme on l’a vu ci-dessus, se donnèrent la mort entre-elles, à leurs enfants ou aux hommes en déroute… et probablement croisèrent les armes avec les Romains eux-aussi ! Toujours est-il qu’en se donnant la mort elles décidèrent avec de mettre un terme au Destin de tous les Cimbres !
Bien que plusieurs écrits et sources parlent d’esclaves Cimbres, on peut tout de même émettre quelques réserves car ceux-ci étaient entourés d’autres alliés hétéroclites. Peut-être y eut-il des survivants mais une page effroyable de l’Histoire Germaine eut dans tous les cas cours car plus jamais les Cimbres n’eurent d’existence en tant que peuple…

On rapport ainsi leur fin par les Hérauts de Rome :

« Cette nouvelle si agréable, si heureuse, de la délivrance de l'Italie et du salut de l'empire, le peuple romain ne l'apprit pas, comme d'habitude, par des hommes, mais, s'il est permis de le croire, par les dieux eux-mêmes. Le jour de la bataille, on aperçut devant le temple de Castor et de Pollux des jeunes gens couronnés de laurier qui remirent une lettre au préteur. Au même moment la foule qui assistait à un combat de gladiateurs applaudit à sa manière habituelle en criant : Bravo ! Peut-il y avoir rien de plus étonnant, de plus admirable ? Il semblait que du haut de ses montagnes, Rome assistait au spectacle de la guerre, et à l'instant même où les Cimbres succombaient dans la bataille, le peuple applaudissait dans la ville. »

Ainsi disparurent les Cimbres de l’Histoire… du moins de leur vivant, car leur héroïsme dément perdura dans celle des autres Germains et n’atténua pas, bien au contraire, les craintes des hommes lucides de Rome.

Ces derniers savaient bien qu’ils en viendraient d’autres… encore beaucoup d’autres !


Cimbres ou Cimmériens ?


Comme beaucoup de peuples Germains on ne sait que peu sur les coutumes Cimbres.
On sait toutefois que c’étaient là des conquérants insatiables, brutaux et violents, guerriers charismatiques lourdement armés et couverts de heaumes et d’armures épaisses. D’une volonté inébranlable ces « Seigneurs » sans peurs ne semblaient que redouter les augures de leurs Prophétesses. Les femmes adoucissaient peut-être la rugosité de ces Hommes mais si elles tuèrent jusqu’à leurs propres enfants au nom de la Liberté, on peut presque en douter !

Au-delà on peut revenir à leurs origines Cimmériennes.
Ces seigneurs de guerres ont-ils inspirés les Cimmériens ou s’en sont inspirés ? Les textes de Strabon et d’autres historiens laissent l’énigme entière mais il est possible qu’une partie de ces Germains Cimbres aient été les descendants des Cimmériens. On ne sait s’il y eut des survivants même si on parle des Atuatuques comme éventuels descendants.
Quoi qu’il en soit les Cimbres ou Cimmériens marquèrent à jamais les esprits Romains et les légendes jusqu’à nos jours…


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Les Trente

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