Eoh
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EOH

Sens Culturel

Divinité : Hel Noms : Eoh - Eihwaz - Iwhar - Eihwas
Sens littéral : La Mort Lettre : Y (ou Ei)
Sens initiatique : L'Impermanence Oett : Cinquième Rune de l'Oett de Hagel
Sens de polarité : L'Âme Futhark : Treizième Rune de l'Alphabet Runique
Sens sombre : Damnation Symboles : Faux - Croix - Ailes

"La Mort est comme le majestueux If,
Rude, dur et ferme, enraciné dans la terre,
Si profond même qu'il renaît encore et encore à l'image de ses feuilles,
Symbole de la vie, et de ses fruits empoisonnés et mortels ;
Il n'y a pas plus de vie que de mort, il n'y a que des racines…"

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Eoh est la cinquième Rune de l'Oett de Hagel et également la treizième Rune du Futhark, un nombre lourd de superstitions. On connaît la symbolique du chiffre, mais pour ce qui concerne l'Alphabet Runique, c'est la seconde Rune (avec Gar en douzième position) placée au centre de celui-ci. C'est là tout aussi logique qu'avec la Rune de la Terre représentant la matrice de vie, si ce n'est qu'Eoh évidemment en est le pendant éthéré, la Mort.
Ainsi si Gar démontrait les cycles des saisons, Eoh démontre celui de la Vie et surtout de son terme. Toutefois il faut ici ne pas faire de Eoh un symbole morbide ou de terreur. Pour les Germains la Mort n'était pas effrayante, elle n'était qu'une fin de cycle avant que n'en débute un autre, au-delà. Il serait trop long ici de faire état de ce rapport avec la Mort mais elle n'était l'expression que d'un principe supérieur, le Destin, non une fin en soi.
Dans le Hof elle est ainsi associée à bien des divinités selon comment on l'envisage. Bien sûr vient en premier Hel, la puissante Déesse des Morts qui symbolise Eoh dans ce qu'elle a de redoutable et à craindre. Mais on trouve également les Valkyrja (ou Valkyries) qui elles, ces démones, choisissent les âmes des plus valeureux guerriers pour les emporter à la Valhalle auprès d'Odin (mais également pour la moitié à Freyja) et ainsi faire d'eux des combattants immortels, les Einherjars. Enfin encore au-delà on pourrait également lier Eoh aux Nornes, les trois entités tissant le fil de la destinée de tout les êtres vivants…
Dans le mythe on voit donc la place important vouée à la Mort et à ses manifestations, ses croyances et philosophies.
Dans ce même genre de symboles on trouve lié dans l'imagerie de Eoh, celui légendaire de la Faux, en fait l'expression de l'outil tranchant les fils de vie tenus par les Nornes. La Croix, telle que celle Celtique, est un autre signe manifeste de la Mort. Enfin les Ailes qu'elles soient celles des Corbeaux, des charognards mais aussi des Valkyries ou des "Anges" en sont là aussi une illustration parmi tant d'autres.

Eoh incarne donc la Mort et avec l'Impermanence en toutes choses.


Sens Philosophique

Eoh enseigne l'impermanence des choses et des êtres mais
aussi que si le corps dépérit, l'esprit et la volonté, eux,
sont immortels, sans début ni fin.


Comme on l'a vu Eoh semble à première vue ce qui est l'expression la plus effrayante chez l'Homme, sa Mort.
On pourrait dés lors n'en dire plus, son sens se suffisant de lui-même. Toutefois Eoh est plus que ce qu'il n'y paraît quand on la dédramatise de son contexte triste, sinistre, inéluctable, maléfique ou superstitieux. Comme le jour pour les Germains naissait de la nuit, la Mort est ici un élément comme un autre du cycle de la vie comme nous l'a appris par le cycle des saisons Gar.
Son enseignement est donc naturel quant à quoi en apprendre. Eoh vient tout simplement rappeler qu'après avoir pris conscience de ce que l'on est et de ce qui nous entoure, vient le temps de comprendre l'Impermanence en tout être et toute chose. Rien ne se survit et pour qui l'accepte de sa propre existence, c'est là un passage libérant l'Âme

"Ô, Eoh, Rune des cruelles Valkyrja,
Je te loue, Glyphe ténébreuse de la Mort.
Ton signe terrifie, ton nom sonne le glas,
Nul être n'échappant ici-bas à ton sort.

Le Wyrd est un fleuve incertain pour nos vies
Mais il ne peut tarir nos âmes éthérées
Ni les actes faits lors de ce temps imparti,
Sa source gardant nos Hvels pour l'éternité."


Ainsi Eoh aborde un domaine plus métaphysique, de croyances également et même de religion à l'Homme. Ayant accepté que le Destin soit incontrôlable à l'image des épreuves de notre existence, on peut ainsi peut-être l'envisager par l'esprit. Cette fin de cycle, ce passage d'un état vers un autre est ainsi à la base de la conceptualisation de tous ses actes.
Il est donc ici difficile d'aller plus loin sans mettre en avant une Foi plutôt qu'une autre.

Toutefois dans une vision moins humaine et plus naturelle, on peut s'en remettre à l'observation et à la phénoménologie de la Nature qui vit et meurt. Ainsi l'arbre voit ses feuilles jaunir, tomber puis pourrir. Pourtant de cet humus renaît une terre fertile redonnant vie à un nouveau cycle, à de nouvelles pouces, à un nouvel arbre.
Dans ce concept philosophique et métaphorique c'est donc ce qui abat et emporte.

"Invoquer la Mort est avoir l'illusion de se substituer au Wyrd même… celui osant ce blasphème même s'il arrive à ses fins de son vivant n'aura jamais l'éternité pour le repos de son âme."
Cette pensée est là le pendant polaire de Eoh qui incite à préserver son Âme par ses actes durant son vivant afin de ne pas la pervertir sous peine de Damnation.
Un enseignement illustré par la sagesse d'une strophe trouvée dans le Havamal :

Le bétail meurt, les gens proches meurent,
Chacun, même soi, est mortel :
Mais le renom ne meurt jamais,
De celui qui en a fait noble usage.


Sens Spirituel

  • Symbolique spirituelle

Eoh dans sa symbolique spirituelle est évidemment liée à l'épreuve la plus forte de l'existence d'un Homme, celle de la Mort. Cette Mort est évidemment là le processus emmenant à l'interrogation de la raison de sa vie, de l'ordre des choses et de sa conceptualisation dans la foi ou les croyances. Au-delà elle peut aussi être le terme de sa quête et de son chemin.
La voie empruntée n'autorise aucun retour en arrière et elle ne sera jamais reparcourue. Quoi qu'il en soit elle transforme à jamais celui y cheminant qui y perd ce qu'il était avant de l'emprunter. Elle est souvent une voie sombre où l'on y perd beaucoup de ses illusions, parfois pire. Pourtant pour qui en trouve l'issue, ce peut-être une toute autre quête, toujours différente, mais toutefois une autre quête…

  • Lien au Wyrd

Dans la représentation de la Toile du Destin et des Neuf Mondes, le lien Eoh s'étend de Helheim à Asgard.
Ce lien est celui du chemin de l'âme qui prend naissance dans le monde de la mort jusqu'à atteindre la lumière céleste des Dieux (et de la Valhalle) et qui parfois y retourne quand les ténèbres ont obscurcis l'esprit trop impur.

  • Seidr

Eoh est une Rune très puissante et elle effrayait par son seul signe. Ainsi elle était employée pour mettre en garde qui aller plus loin que les seuils ou coffres qu'elle gardait, sous peine de malédictions.
Pour qui s'en sert à des fins vils, elle rend stérile, terrorise les esprits et peut jusqu'à précipiter le jugement des Nornes ! En contrepartie la damnation guette le dément l'ayant invoqué, car Hel ne pardonne pas qu'on se substitue à elle…


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