Gépides

Les Gépides parmi Les Trente :

Dans le Destin partagé par les Clans de la « Ligue des Trente », les Gépides s’illustrent par l’avoir partagé un peu plus que tous. Leur Histoire si elle est anonyme pendant leur lente migration aux premiers temps, n’aura plus de cesse de croiser celle des plus illustres des Germains.
Ainsi les « Légions » innombrables des Gépides auront été de toutes les campagnes, des plus victorieuses jusqu’à la chute de l’Antiquité même ! Compagnons sans relâche, servant toujours avec discipline, peut-être leur aura-t-il manqué d’un dessein propre qu’ils préfèrent confier au « Fléau » de Rome et de la Germanie… Attila !


La majeur partie de cet article concerne une partie plus récente de l'Histoire Gépides


Les Gépides

(Le Peuple aux mille Légions)


Les Gépides, ou plutôt les nombreux Clans Gépides, forment l’un des peuples le plus dense en population de la Germanie (même si malheureusement on n’a aucune trace de leur nombre réel). Ces Germains semblent avoir été particulièrement hiérarchisés avec une classe royale et aristocrate reconnue ainsi qu’un pouvoir très militarisé avec des troupes bien équipées, même si uniquement composées semble t-il d’infanteries assez lentes car revêtue de lourdes armures.
Le royaume Gépides semble s’être aussi étendu que ce peuple était innombrable en nombre !
Mais à l’origine, on peut situer les Gépides le long de la Vistule dont ils s’arrogèrent une bonne partie du cours. Plus tard ils investiront les Carpates et toute la chaîne Est des Alpes et surtout une bonne partie du territoire actuel Roumain, la Dacie en particulier. On les connaît également en Transylvanie jusqu’aux rives du Danube et ils s’installeront même sur celles de la Mer Noire puis investiront pour un temps une partie de l’Empire d’Orient s’installant en Bulgarie, en Macédoine et Serbie !

En fait telle une cohorte sans fin, la puissance numéraire Gépides semblent ne s’être jamais arrêté réellement un lieu précis, se mouvant sans cesse à l’instar d’une fourmilière. Ainsi leurs alliances, inimités, spécificités, caractéristiques et cultures en fut aussi diverses et changeantes. On peut toutefois supposer que les Gépides formaient une communauté soudée, peu individualiste et très discipliné pour être demeurés unis si longtemps.

Chroniques Gépides

Du Ier au III° Siècles : Installation le long de la Vistule.
269 : Les Gépides sont mentionnés en Europe centrale.
451 : Les Gépides participent à la bataille des Champs Catalauniques, alors alliés d’Attila.
454-455 : Grâce à leur Roi Ardaric, les Gépides s’allient aux Germains du Danube et se libèrent des Huns à la « Bataille de Nedao ».
539 : Les Gépides attaquent l’Empire d’Orient avec leurs alliés Francs menés par Théodebert.
550 : Les Gépides étendent leur influence jusqu’à la Mer Noire puis sur les territoires actuels de la Bulgarie, Macédoine et ancienne Serbie après leur victoire écrasante et sanglante contre l’armée Byzantine conduite par le Général Calluc.
551 : Les Gépides sont repoussés par les Lombards alors alliés à l’Empire d’Orient.
565 : Victoire importante du Roi des Lombards, Alboïn, sur celui des Gépides, Cunimond.
Fin VI° Siècle : Sous les coups des Lombards et des Avars, les Gépides disparaissent peu à peu

L’Histoire Gépides se confond malheureusement à ses origines avec celle des Goths, un peuple dont ils séparèrent pourtant très vite leur destinée.
Si on connaît leur arrivé et leur domination de la Vistule durant les premiers siècles, leur histoire reste imprécise car souvent confondue avec celle des Goths. Même l’Historien Jordanès, peut-être d’origine Gépides, n’évoque surtout que les Goths dans ses ouvrages.
Pour le reste ce sont les faits d’armes Gépides qui éclairent le mieux l’Histoire de ce peuple.

Les milles Légions


Bien qu’on en connaisse peu sur leurs mœurs, retenons que toutes les sources insistent pour en faire le peuple le plus important en individus chez les Germains et que son armée fut de toutes les plus grandes batailles, marquant à jamais les Champs Catalauniques.
D’ailleurs leur nombre était une arme à lui seul, Attila lui-même en faisant des vassaux mais n’osant jamais les affronter lors de sa conquête de l’Europe ! Comme on l’a vu on n’a pas de traces de la population de ce peuple, toutefois leurs armées d’infanteries et d’archeries semblent avoir fait trembler cette partie du monde. Même s’ils demeurent méconnus, sans eux Attila n’aurait jamais eu les succès qu’on lui connaît.

Les milles Légions étaient une machine de guerre bien plus proche de la légende « qu’après leur passage, l’herbe même ne repoussait pas ! ».

Malheureusement l’Histoire des Gépides demeure très morcelée et fragmentaire durant les premiers siècles de leur présence. C’est là chose à regretter car cette armée innombrable joua un rôle historique majeur entre la Gaule et l’Empire d’Orient.

La Bataille de Nedao


Les plus grands faits d’armes des Gépides sont surtout relatifs à leur célèbre Roi, Ardaric lors de la bataille contre les Huns pour s’en libérer.
Après la mort d’Attila, Ardaric et ses troupes Gépides ayant servies lors du conflit des Champs Catalauniques, décident d’en finir avec le joug des Huns. Ainsi en 453 et durant deux années, Ardaric va avec l’aide d’Ostrogoths mettre fin à leurs dominateurs, finissant par anéantir les Huns (certaines sources parlant de 30 000 Huns tués !) alors commandés par le dernier des fils d’Attila, Ellak.

Ardaric devint ainsi le plus populaire des Rois Gépides, même si auparavant il avait été un fort allié et vassal d’Attila lui-même ! Son prestige semble avoir été important ainsi que ses qualités indéniables, étant l’un des seuls Rois Germains à être si proche du chef des Huns.
D’ailleurs les Gépides formaient la majorité des hommes d’Attila et après la mort de ce dernier, Ardaric profita du nombre important de ses guerriers pour reprendre l’emprise sur les autres clans du Danube, les allier et en finir avec les Huns !

La conquête de Bysance


Les Gépides en 539 donneront leur dernier baroud d’honneur en attaquant Byzance et l’Empire d’Orient !
Une tentative osée qui fut couronné de succès un temps arrachant plusieurs royaumes à leur conquêtes ! Toutefois les contre-attaques furent tout autant terribles, d’abord par les Lombards alliés de Byzance, puis par les terribles Avars, peut-être aidés des derniers Huns revanchards…
Dans tout les cas, les Gépides disparurent après ces dernières batailles.
L’Histoire aura enfin retenu l’ultime épisode d’une princesse Gépides, Rosemonde.
Cette dernière, fille d’un Roi Gépides, Cunimond, fut le témoin de la destruction de son peuple en 565 lors de la conquête de Byzance Elle fut elle-même capturée et donnée pour épouse à un Roi Lombard, Alboïn.
En 572, elle se servira de son amant, un Lombard du nom de Helmegis, pour assassiner son époux, elle qui le haïssait depuis qu’il l’aurait fait boire selon la légende le sang de son père dans son propre crâne !

Les témoins de l’Histoire


Qui étaient donc ces Gépides ?
Peu d’éléments subsistent mais on peut attester que les Gépides vouaient un grand culte aux objets et orfèvreries d’or. Ils enterraient apparemment plus leurs morts que d’autres Germains et là encore ils y déposaient nombres bijoux précieux. En outre beaucoup d’artisans Gépides laissèrent des vestiges importants et ouvragés derrière eux même si on les prête souvent aux Goths ou aux Lombards. Enfin ils avaient d’habiles potiers, de bons architectes pour leurs villages et ont laissé de riches fibules derrière eux…
Mais c’est là outre leur nombre et leurs faits d’armes, le peu que l’on en sait !

De tout les événements majeurs, de la conquête de la Germanie, de l’accompagnement des Goths, de la prise de Byzance, des assauts contre l’Empire d’Orient, de l’alliance avec Attila le Huns et jusqu’à leur influence majeur aux Champs Catalauniques, les Gépides auront été les témoins de toute une partie de l’Antiquité.

Pourtant l’Antiquité n’en a que peu retenu, eux qui en ont accompagné l’essor et la chute !


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