Ginnungagap
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Ginnungagap, peut-être « Immense Abîme », est l’abîme béant au début du temps et des mondes.

Génése

Ce trou dans le néant perçait donc la toile du Destin tel une balafre sans lumière… pourtant vint à son bord orienté au Nordri le delta des fleuves prenant leur source à Elivagar. A son contact les eaux se gelèrent en une formidable coulée qui finit par être balayée de givre et ainsi s’épaissir sur la paroi du gouffre.
Des vents glacials parcoururent cette langue de glace et gagnèrent le fond de l’abîme.
Au Sudri Ginnungagap était lentement consumé par les flammes et laves de Muspellheim dégouttant à l’intérieur. Alors le gouffre qui n’était jusqu’à lors sans air et sans matière mêla ses deux forces dans une furie d’Eléments chuintant et sifflant dans une bataille suintante entre la glace et le feu… une sorte de placenta rempli là cette matrice et la vie apparue !
Ainsi est-il dit dans la Völuspà en la strophe 7 :

Quant la Terre seule vivait il y a longtemps
Il n’y avait ni sable, ni mer, ni vagues houleuses.
Nul part n’était la lumière, ni le ciel au-dessus.
Seulement un grand fossé béant et pas d’herbes.

Elle avait une forme humaine et on la nomme depuis Ymir, l’androgyne être premier, un Géant appelé Aurgelmir par ceux du givre, les Thurs, qui sont ses descendants. Du reste de la matrice apparu en outre la vache Audhumla qui nourrit de son lait Ymir et qui en léchant le givre fit apparaître le premier homme du nom de Buri. Ainsi apparu la vie, les lignées et les êtres…
Ainsi est-il dit dans les Vafthrudnismal :

Des chutes d’Elivagar tombèrent le venin
Erodant la forme du premier des Géants ;
De là a surgi notre race de Géant,
Causant notre férocité par cette lignée brutale.

Le gouffre se referme

Ce sont ensuite les fils de Buri, métaphore des Eléments, qui créèrent le temps et le monde en tuant Ymir et en le jetant dans le gouffre comme il est dit dans la Völuspà à la suite de la strophe 7 ci-dessus :

Alors Ses fils bâtirent les royaumes,
Modelant magnifiquement Midgard, la Terre du Milieu :
Le Soleil du Sudri réchauffant les pierres de cette Halle,
Alors du sol poussa l’herbe douce et verte.

Cette genèse prit ainsi forme depuis le gouffre et avec les restes d’Ymir (Cf.)
Pour le reste, une fois comblé, Ginnungagap devint le royaume des Géants du Givre et fut le terreau d’une des racines du merveilleux arbre Yggdrasill. (Cf.)


Lieux du Hof

Vision littéraire

Le silence ! Les ténèbres ! Un gouffre !
La nuit avait une antre. Oui à l’aube de la vie, la nuit était piégée dans un gouffre !
Alors l’inattendue pris corps. Mais on aurait du à proprement mieux parler du cor…
Celui dont on entend le son issu de celui y soufflant. Pourtant qui s’infiltra dans cette corne de brume pour annoncer par un bruit d’abord étouffé la venue du changement ?
Le Destin s’était-il égaré depuis les ténèbres insondables et impénétrables du fond, s’il en existait un, de ce gouffre immense et béant ?
Qu’il s’y est à dessein introduit ou perdu, toujours est-il qu’il en remonta les parois brumeuses et éthérées. Alors peu à peu, le murmure se mêla au son, puis de lui vinrent des chuchotements inintelligibles qui vibrèrent anarchiquement et enfin ils se murent en de telles ondes chaotiques qu’ils finirent par s’entrechoquer, résonner et se fondre en un premier Vent !
Là où n’était rien, se créa donc le Vent !
Il chuinta d’abord comme curieux de sa propre existence. Il feula alors découvrant sa puissance. Et soudain il gonfla, cracha, serpenta, se cogna sur ce gouffre qu’il avait pénétré, tournoya d’abord par vague puis de plus en plus rapidement. Devenu violent, incontrôlable et dément il mugit alors d’un hurlement sans fin, jamais plus d’ailleurs il ne cesserait d’en porter éternellement l’écho…
Alors le Vent se libéra du gouffre Ginnungagap !

Le gouffre avait été ébranlé.
L’eau se répandit de ses brumes ainsi déchirées par le Vent en furie. Doucement, tel un serpent noir aux reflets lugubres, elle se répandit aux abords du gouffre puis, gonflant les anneaux qu’elle formait le long de la roche dure, s’écoula dans le vide au-dessous. Dégouttant des crocs formés par ses méandres, son poison rentra alors au contact du froid intense à l’intérieur du gouffre ! Peu à peu une glace terrible en suivie alors les contours, s’y accumula et finie par l’enserrer si bien que des congères la muèrent en statue…
L’autre bord de Ginnungagap lui s’était craquelé sous les assauts du Vent. Si bien même que la lave qu’il emprisonnait délivra tel un vomis sulfureux toute sa force. Le feu en vint à lécher ses parois puis à l’investir, carbonisant sous ses crachats les roches en fusion.
Le contact entre la glace et le feu fut sans commune mesure, une explosion fantasmagorique aux milles éclairs et coups de tonnerre envahissant le vide…
(Val des Hurles-Vents)

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