Hrolf Kraki

La Saga du Roi Hrolf Kraki est l’une des plus anciennes et complète Saga antique.
Ce héros ayant inspiré tous les guerriers nordiques est au cœur de toute cette légende qui n’est pas sans analogie à celle de Beowulf. On la date du IX ème Siècle mais elle serait inspirée du Roi Kraki ayant vécu au VI ème Siècle !
On y trouve beaucoup de références au Hof et plus largement une approche de la culture Vikings et des fameux Berserkers

La Saga s'ouvre sur l’un des plus flamboyants poème guerrier d’antan :

Le jour s’est levé,
Les ailes du coq bruissent.
Le temps est venu pour les Serfs
D’aller à leurs tâches.
Réveillez-vous maintenant, soyez éveillés,
Proche entre frères,
Tous les plus émérites
Des compagnons d’Adils.

Har à la Poigne-dure,
Hrolf l’Archer,
Les gentilshommes de noble lignée,
Qui ne battent jamais en retraite.
Je vous éveille non pour le vin
Pas plus pour les charmes des Dames ;
Non mais je vous éveille bien plutôt
Pour le jeu cruel… du Combat !

Sagas et Prophéties


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La Saga du Roi Hrolf Kraki

Table of Contents

1 / Le Roi Frodi tue son frère le Roi Halfdan.

La Saga débute par la présentation du Roi Halfdan, Roi du Danemark, bon et généreux, et de son frère Frodi, cruel et avide, jaloux de son maigre territoire comparé à Halfdan.
Frodi et son armée de maraudeurs déferlent sur le royaume de son frère, détruisant, pillant et incendiant tout. Il finit par trouver Halfdan et l’assassine !
Pourtant quelques compagnons du défunt Roi parviennent à s’enfuir. La victime avait trois enfants, deux garçons, Hroar et Helgi, et une fille, Signy, mariée à Jarl Saevil. Si Frodi s’empare bien du royaume et oblige les époux, le peuple et chacun à vivre sous son autorité despotique leur faisant payer des tributs honteux, il ne trouve pas les deux garçons.
C’est Regin, leur père adoptif, leur mentor aussi, qui les a mené loin de la bataille sur l’île de Vifil, un redoutable connaisseur de la magie du Seidr. Lui faisant promettre de les cacher Regin retourne à la cour du nouveau Roi pour éteindre les soupçons et retrouver les siens.

Fou de rage Regin envoie des espions au travers de tout son royaume, torture, mande l’aide des Völvas et des Hommes-Sages connaissant le Seidr puis des Sorciers utilisant les Runes… en vain. Mais il reste une île étrange que les présages Runiques même ne peuvent en percer les brumes. S’y concentre alors, bien que Regin reste moqueur d’un pauvre paysan tel Vifil, toutes les recherches.

2 / La recherche.

Un matin, Vifil ressent les yeux des familiers des sorciers épiant l’île. Il envoie alors les frères dans les sous-bois de la forêt.
Et en effet les hommes du Roi arrivent sur l’île, cherchant partout, en vain. Malgré leurs efforts ils en rendent compte à Frodi qui, en colère, décide de s’y rendre en personne ! Vifil ressentant une nouvelle fois l’arrivée du tyran met les frères sous la protection de ses deux chiens.
Allant sur la rive à la rencontre du Roi, il est saisi et emmené face à lui. Menacé et interrogé, Vifil hurle à ses chiens un ordre connu d’eux pour qu’ils aboient et préviennent les frères de se cacher aux hommes du Roi.
Menacé de mort, il feint pourtant l’existence des garçons. Le Roi, peu dupe, décide pourtant d’en rester là pour cette fois ! Dubitatif et craignant les représailles, Vifil conseille aux frères de partir de l’île et d’aller retrouver leur beau-frère, Jarl Saevil.

3 / Les garçons Helgi et Hroar démasqués.

Où l'on apprend que Helgi est le plus brave des deux malgré ses 10 ans comparé aux 12 de Hroar.
Ils quittent donc l'île comme convenue prenant les noms d'emprunt de Ham et Hrami. Gagnant les terres de Jarl Saevil, ce dernier les accueille.
Ils sont pourtant évités par les autres gens craignant que leur face soit purulente car pendant trois hivers ils garderont la capuche de leur cape baissée ! Vint alors l'invitation trouble du Roi Frodi à son festin. Jarl ne peut s'y soustraire et s'y rend accompagné de toute sa suite mais interdit aux garçons de le suivre.
S'emparant d'un poulain et d'un jeune cheval les deux frères passent outre mais leur imprudence les fait repérer par les hommes de Jarl. D'ailleurs peu à même des chevaux, Hroar laisse tomber sa capuche, Signy reconnaissant sans mal son frère. Ordre leur est donné de rentrer une nouvelle fois mais ils se confondent à l'arrière des troupes.

Vint le festin de Frodi qui, une fois tout le monde réuni, clame aussitôt qu'il donnera gloire à celui l'informant de la cache des frères. A cet effet il fait alors venir une Völva, Heid, pour qu'elle perce les brumes de leur cachette.
Ce à quoi elle s'exécute en riant de ses dents jaunes. Prête à donner au Roi la présence des frères, Signy lui jette un anneau d'or pour la distraire. La Völva ne désire ainsi plus allez en avant dans l'avenir quand Frodi la somme de continuer sous peine de mort !
Certainement vexée par les menaces, la Völva lui dit qu'il périra par les frères avant de s'enfuir de la Halle effrayant Helgi et Hroar qui s'échappe à leur tour ! Le Roi ordonne la poursuite mais Regin, leur beau-père, fait éteindre toutes les torches, plongeant tout le monde dans le noir et protégeant la fuite de ses fils adoptifs jusqu'à la forêt.
Hors de lui le Roi ouvre les festivités en promettant avec perfidie que tous ceux ayant comploté avec les frères seront trouvés et punis…

Alors sur les conseils de Regin, les frères décident de passer à l'action par un plan ingénieux.

4 / La mort du Roi Frodi

Frodi se réveille de sa beuverie en sursaut clamant aussitôt aux siens qu'il a fait un étrange rêve où on les appelait tous à demeure. S'en étonnant y étant déjà, il entendit une voix lui dire qu'ils se rendraient tous à la Halle de Hel !
Au même moment voilà que le Roi entend Regin criant au-dehors. Il clame là un ode ambigu avertissant que tous les ennemis du Roi le cernent. Approchant du seuil de la Halle, Frodi s'aperçoit que le feu a été répandu tout autour ! Demandant qui sont les coupables il s'entend répondre que Helgi et Hroar en sont les instigateurs.

Le Roi disparaît aussitôt par un passage souterrain devant le mener aux bois. Mais le voilà face à face Regin prêt à l'en empêcher par l'épée, jurant qu'il payera pour ses traîtrises… rebroussant chemin avec ses hommes, la Halle s'effondre et tous périssent dans les flammes ! La mère des deux frères, Sigrid, ayant refusé de fuir périt à son tour.
Helgi et Hroar remercie alors et récompensent tous ceux les ayant aidé; Signy, Jarl et ses guerriers. Ils s'emparent du royaume de feu Frodi… ainsi règne le bon et juste Hroar pendant que l'impétueux Helgi prend en main les affaires du royaume.

5 / Le Roi Helgi règne sur le Danemark et le Roi Hroar se marrie.

On apprend qu'un Roi du nom de Nordri règne sur l'Angleterre et que sa sœur se nomme Ogn. Nordri et Hroar étant bons amis, ce dernier lui demande la main de sa sœur…
… pendant ce temps Helgi, seul et sans enfants, règne ainsi que Jarl Saevil et Signy sur leurs propres terres, ces derniers ayant un fils du nom de Hrok.
Malheureusement Regin tombe malade puis meurt, gloire lui étant rendu par tous pour ses bienfaits.
Pourtant Helgi s'impatiente et s'ennuie…

6 / Le Roi Helgi tente d’épouser la Reine Olof.

A l’époque de cette Saga, la Reine Olof régnait sur les terres Saxonnes. Cette Reine était une guerrière sans pareil, vêtue d’armures, de casque et d’épée, cruelle au combat et sans rivale ni désir pour un homme.
Cela plu à Helgi qui trouvait là gloire à conquérir. Sans attendre, lui et ses hommes pénétrèrent en son royaume. Il envoya à sa Halle des émissaires pour la prévenir des festivités à préparer en son honneur, la prenant de court.
Fête il y eu cependant, la Reine et le Roi trônant côte à côte. Soudain Helgi pourtant lui manda sa main et ses faveurs par la même le soir venu ! La Reine s’en trouva fort marri mais nul ne remarqua sa contrariété même si elle invita le Roi à être plus courtois. Le Roi bu une bonne partie de la nuit puis fut invité au lit de la trouble Reine qui l’attendait déjà…

… ivre, Helgi s’effondra sur le lit, Olof en profitant pour le piquer avec une épine de sommeil. Elle lui rasa alors les cheveux et l’enduit entièrement de poix !
Elle pris alors un large sac de cuir et le mit lui et ses apparats à l’intérieur, alerta ses hommes qui l’emportèrent à son navire. Elle alerta cette fois les troupes d’Helgi que leur Roi était à bord de son bateau, le vent appelant au départ !
Titubant encore, les hommes trouvèrent le sac puis l’ouvrirent, intrigués. Passée la surprise, ils retirèrent l’épine, le Roi s’éveillant de vile humeur, hurlant de retrouver Olof. Mais déjà les cors et les cris de fureur des guerriers de la Reine résonnèrent au travers des brumes de l’aube, effrayant les étrangers qui battirent en retraite.
Helgi regagna alors son royaume, déshonoré et honteux, n’ayant alors de cesse de ruminer sa colère et sa vengeance…

(On voit une troublante similitude avec la légende des Nibelungen et la Valkyrie Brunhild.)

7 / La vengeance du Roi Helgi.

Pendant ce temps le méfait de la Reine Olof gagna toutes les terres et jamais sa légendaire prestance ne fut si haute. Elle s’entoura toutefois d’une garde d’élite au cas où…
… bien lui en pris car Helgi vogua de nouveau vers le royaume Saxon mais accosta plus astucieusement dans une crique discrète. Helgi se revêtit d’haillons, cacha dans un bois deux coffres d’or et d’argent puis donna trois jours à ses troupes avant qu’il ne vienne le chercher s’il n’était de retour.

Rencontrant un Serf sur son chemin, Helgi se présenta lui même comme un vagabond puis parla aussitôt du fabuleux trésor qu’il avait trouvé. Le montrant au gueux, il l’interrogea sur l’avidité de la Reine qu’il sus alors sans pareille. Le Serf, auquel fut promis beaux bijoux, convainquit la Reine Olof qui le menaça de mort s’il avait menti à propos du trésor. Mais, avide, elle accompagna seule l’indigent dans la nuit noire jusqu’au bois.
Helgi, embusqué, l’attrapa alors, savourant sa vengeance bien que la Reine lui propose le mariage. Ce à quoi il se refusa !
La capturant pourtant il profita d’elle pendant bien des nuits puis la libéra un jour, poursuivant ses guerres et gloires, son honneur rendu…

La fille Yrsa

Bien plus tard, la Reine Olof mis au monde une fille.
Elle la négligea pourtant, la nommant même du nom d’un de ses chiens, Yrsa ! Elle était pourtant magnifique mais fut mis au rang de garde de bétail dés l’âge de douze ans, tous la croyant fille d’un couple de paysans, peu connaissant la vérité…
… un jour pourtant, Helgi, déguisé de nouveau en vagabond, visita les terres Saxonnes. Apercevant la fille il la trouva belle comme jamais. Elle se présenta comme toujours mais Helgi la considéra comme une princesse et l’emporta en son royaume !
La Reine Olof appris cette mésaventure, le nia devant le peuple, mais fomenta en privé sa propre vengeance qu’un tel déshonneur n’aurait de manque de provoquer sur Helgi qui, lui, fiança Yrsa !

L’anneau

Il existait un anneau dans le trésor royal des Dans que tous désiraient, Helgi, Hroar et même Signy.
D’ailleurs le Roi Hroar visita le royaume de son frère qui préparait son mariage.
Hroar lui dit qu’il était sans aucun doute le plus grand des Rois et qu’il lui offrait de joindre son royaume, le Northumberland, au sien. Mais en pour il demandait la possession de l’anneau, ce dont Helgi accepta trouvant le pacte convenable.
Fort de ce traité, Hroar retourna à sa demeure, satisfait et heureux…

8 / Jarl Hrok réclame l’anneau au Roi Hroar.

Vint un jour funèbre où Jarl Saevig vint à mourir.
Son fils, cruel et cupide, pris à son tour la seigneurie du domaine. Sa mère, Signy, aigrie à propos du manque de respect de ses frères était devenue très amère. Hrok la plaignait et lui fit part de son audition mandée au Roi Helgi pour lui réclamer un tiers de son royaume ou l’anneau tant convoité comme tribut !
Helgi reconnut l’aide ancienne du père de Hrok mais se refusa à céder la moindre parcelle de son royaume. Quant à l’anneau il était désormais en possession de son frère…
Karl Hrok rendit donc visite à son oncle qui le reçut avec grand honneur, partageant un long séjour ensemble. Un jour qu’ils naviguaient tous les deux le long d’un fjord, Hrok lui manda la garde de l’anneau, ce à quoi le Roi se refusa vivement !
Hrok ne s’en laissa pas compter et demanda au moins de pouvoir regarder un trésor tant convoité de tous. Accédant à sa demande, Hrok contempla l’anneau, sous le charme, puis clama que nul ne devrait contempler une telle splendeur et alors le jeta au milieu de la mer !!
Furieux, le Roi frappa Hrok, le poussant violemment par-dessus bord, le renvoyant à demeure…

… plus tard pourtant Hrok se remit de ses blessures et organisa ses troupes pour rapidement frapper et se venger de son déshonneur. Il surpris les hommes du Roi, peu nombreux au moment de l’assaut, et si le combat fut brutal, les forces étaient inégales, le Roi Hroar y trouvant la mort ! Hrok poursuivit sur sa lancée la conquête du royaume de Northumberland puis s’intronisa Roi !
N’en restant pas là, Hrok demanda la main de la veuve Ogn par l’intermédiaire de son père Nordri n’ayant plus la force de refuser. Sa fille ne le poussa d’ailleurs pas à un combat perdu d’avance et, si triste soit-elle, elle accepta mais demanda un délai car elle était enceinte de feu son mari !

Hrok accepta, trop heureux de la tournure de ses conquêtes et de sa fraîche royauté.
Profitant de ce répit, Ogn envoie alors à la cour du Roi Helgi ses messagers pour lui faire part de toute cette mésaventure. Le Roi loue aussitôt sa sagesse et la rassura lui confiant qu’il attaquerait sous peu le nouveau Roi Hrok qui lui ne se doutait de rien…

9 / Vengeance et Agnar, fils du Roi Hroar.

La Reine Ogn enfante donc un fils, Agnar, au destin prometteur.
Une fois informé, le Roi Helgi déclenche ses forces et frappe celles du Roi Hrok qui finit par être capturé. Helgi l’épargne pourtant mais lui brise les membres et le renvoi dans don domaine désormais à jamais déchu.

Agnar grandit alors paisiblement avec sa mère et dés l’âge de douze ans devint un guerrier émérite et plus une légende ne parla de guerrier sans évoquer son nom ! Il demanda un jour qu’on lui montre où fut jeté l’anneau de son père, un lieu où tous avaient échoué quant à le récupérer.
Pourtant trois fois il plonge dans les eaux du fjord et finit par remonter avec l’anneau retrouvé !

Pendant ce temps Helgi était resté dans son royaume auprès de celle qu’il chérissait, Yrsa, avec qui il eut un fils, Hrolf, appelé à avoir un destin incroyable…

10 / Le Roi Helgi et la Reine Yrsa.

La Reine Olof se réjouissait elle du mariage d’Yrsa et décida d’aller lui rendre visite. L’ayant fait prévenir elle va à sa rencontre mais refuse de se rendre à la Halle du Roi Helgi.
Discutant, Yrsa émet des doutes quant à ses origines et Olof finit par lui avouer qu’Helgi est son père et elle sa mère ! Olof l’invite alors à rentrer avec elle mais Yrsa décide avant de rejoindre les terres Saxonnes d’aller en faire part à Helgi…
… Helgi gagne alors son lit, plonge dans une tristesse morne, regrette son mariage si heureux et finit par être empli d’une haine maladive à qui demanderait sans doute un jour la main de sa femme !

11 / La femme Elfique et la naissance de Skuld.

Ici on nous parle d’un fameux Roi, Adils, régnant à Uppsala sur le royaume de Suède.
Adils eut connaissance de la Reine Yrsa et manda à Olof d’être invité à sa cour. Il fut reçu avec faste et finit par demander la main de sa fille.
Après bien des hésitations, Yrsa finit par accompagner Adils en Suède où un accueille royal lui ait réservé. Mais Adils cache leur union pour un temps et le Roi Hegil ne l’apprend que bien plus tard ce qui l’enrage d’autant plus.
(Ici est dit qu’Olof ne sera plus évoquée dans cette Saga).

Un soir, quand les éléments se déchaînaient au dehors, une étrange silhouette frappa à la fenêtre du Roi Helgi alors dans son lit.
Ouvrant à l’étranger pour le préserver des cieux et du froid, il le laissa se réchauffer devant l’âtre et, comme dans un rêve, accéda à sa demande de se réchauffer dans le lit du Roi… durant la nuit le Roi s’approcha et découvrit sous la belle soie couvrant l’individu une femme à la beauté féerique !
S’éveillant elle loua son hospitalité, le seul l’ayant accueilli dans cette terrible nuit, mais devait partir car esclave d’une maudite belle-mère… le Roi s’y refusa, la manda en mariage et tous les deux finirent dans le même lit le reste de la nuit !
Au matin elle annonça qu’il sera père et qu’au prochain hiver elle l’attendrait au port sous peine d’être maudit s’il oubliait… et il oublia durant trois hivers de suite !
Alors, une nuit, une étrange cohorte de trois cavaliers s’avança jusqu’à sa Halle. L’un des cavaliers, une femme, porte une petite fille qu’elle présente à Helgi lui rappelant son pacte non tenu. Toutefois elle n’a pas oublié son aide et cette fille, du nom de Skuld, est là le fruit de leur union !
Ainsi dit aussitôt les cavaliers repartent !

La mère de Skuld était en fait une Elfe mais jamais plus le Roi n’entendit parler d’elle.
La jeune fille grandit vite et se révéla être des plus vicieuses…
… toutefois Helgi était toujours absorbé par sa tristesse et entreprit d’aller parcourir les lointaines terres de son royaume, laissant au royaume son fils Hrolf…

12 / Le Roi Adils et le Roi Helgi se rencontrent.

Le Roi Adils à cet instant de la Saga régnait en sa forteresse d’Uppsala protégé par sa garde d’élite composée de douze Berserkers.
La venue du Roi Adils était déjà annoncée alors et Adils pris conseil auprès d’Yrsa pour s’enquérir de la façon de l’accueillir. Hegil fut donc convié à un festin de grand honneur comme le désira Yrsa, cent de ses hommes arrivés par mer patientant eux au port.
Adils reçu son vis à vis en armes mais Yrsa fit tout pour réconcilier les deux hommes, Hegil laissant son ressenti de côté ne désirant que retrouver son ancienne épouse.

Adils les laissa ensemble et alla secrètement trouver ses Berserkers leur enjoignant de gagner les bois pour tendre une embuscade à Hegil, absorbé sans aucun doute par la Reine, pendant que les troupes attaqueraient par l’arrière celles regroupées au port !
… Pendant ce temps Hegil et Yrsa complotaient discrètement, cette dernière mandant au retour de son mari de faire dons de riches présents à leur invité. Ce dont s’acquitta facilement Hegil sachant qu’il récupérerait ses trésors !
Une fois séparé en bons termes, Hegil s’en retourna par la forêt tombant dans le piège tendu…
… la bataille fut violente et le Roi Hegil se défendit vaillamment, avec courage et honneur, mais lui et ses hommes furent pris en tenaille et défait. Très grièvement blessé, le Roi s’effondra avec gloire…
… et ici s’acheva la légende du grand Roi Hegil !

13 / La vanité du Roi Adils et la frustration de la Reine Yrsa.

Après sa victoire sur Helgi, Adils devint arrogant, vantard et d'un orgueil sans pareil.
La Reine elle n'en supporta pas davantage et le menaça de tuer ses Berserkers s'il s'en prenait à la descendance de feu Helgi. Qu'il en soit sûr, si elle trouve un exécuteur à ses menaces, nul doute elle mettra en œuvre sa vengeance lui dit-elle alors…
… Adils la dissuade et lui offre gemmes fabuleuses et riches présents pour apaiser ses tourments. Toutefois seule la tristesse régna désormais à la Halle d'Yrsa :

Le Roi Adils ne changea guère après cela et profita de sa gloire ne craignant personne sur ses terres et encore moins le moindre fou qui oserait défier ses Berserkers. Il se versa alors dans les arts et secrets troubles de la sorcellerie…

14 / Svipdag et les Berserkers.

En Suède, retiré des autres, vivait Svip, un fermier.
Tous le pensaient fermier mais il fut un guerrier émérite et maintenant un mage puissant. Il avait trois fils, Svipdag, Beygad et Hvitserk, le plus âgé. Un jour, Svipdag s'ennuyant dans cette vie morne et isolée de tous, décida de rejoindre la cour du Roi Adils.
Malgré les mises en garde de son père, il était bien décidé à affronter son destin. Alors Svip lui confia une hache de guerre, d'autres armes sans pareilles, une armure bien ouvragée et légère, un bon cheval et quelques équipements de bonne utilité…
… avant de voir partir son fils, il lui conseilla de rester humble tout en montrant son courage et son caractère à qui voudrait le mettre à l'épreuve !

Arrivant à la forteresse d'Adils, il l'aperçut sur son trône d'or entouré de ses Berserkers.
L'entrée de la cour royale étant close, car il était de coutume de s'annoncer d'abord, Svipdag n'eu cure pour le protocole, brisant la grille et s'avançant jusqu'au Roi !
Les Berserkers s'agitèrent mais Svipdag salua le Roi se présentant selon les usages. Adils connaissait sa lignée de guerriers redoutables et l'invita à s'asseoir pour l'instant, mais les Berserkers eux devinrent cette fois menaçants…
… ils le mirent donc à l'épreuve, le provocant. Svipdag consentit au défi, désirant combattre l'un après l'autre ces féroces guerriers, se moquant du nombre d'entre eux qu'il resterait après !
Le Roi s'amusa de cette bravade mais la Reine elle trouva en Svipdag un invité idéal…
… le chef Berserk cracha sa haine face à Yrsa, grognant qu'elle ne les verrait pas prendre le chemin de Hel ni craindre cet étranger !

Vint alors à l'aube le duel tant attendu…
… par l'arc, l'épée ou la hache un féroce combat éclate et quatre Berserkers tombent morts sous les coups habiles de Svipdag !
Le Roi Adils ne goûte pas là cette gloire et somme que l'on mette à mort le meurtrier… mais la Reine s'y oppose par sa garde personnelle s'interposant ! Une trêve est décidée et Svipdag rejoint les bancs de la Halle royale juste devant le Roi lui-même !
Pourtant dans la nuit Svipdag combat à nouveau les Berserkers et en tue un avant que le Roi, qui avait fomenté l'attaque, ne vienne les séparer… il considère indigne de le servir les Berserkers et les renvoie alors de son royaume malgré leurs menaces.

Ainsi Svipdag devint l'homme fort de la cour.
Peu après pourtant la guerre menace, de larges troupes de Berserkers oeuvrant par de violents raids dans les terres du royaume. Le Roi ordonne à Svipdag de prendre la tête de son armée mais celui-ci refuse avant d'accepter après qu'il ait eu la possibilité d'avoir douze hommes à ses seuls ordres…
… sur le champ de bataille, Svipdag disperse des Caltrops et d'autres stratagèmes avant de recevoir les farouches Vikings !
Mais de bataille point, la plupart des hommes se mutilant et même un Berserker trouve la mort, le reste des hommes fuyant et repartant du royaume dans leurs navires.
Svipdag en est remercié vivement par le Roi et plus encore par la Reine…
… une nouvelle fois pourtant les derniers Berserkers s'en prennent au royaume. Svipdag repart donc à l'assaut avec la promesse du Roi d'envoyer ses renforts dés que possible, les hommes de Svipdag étant peu nombreux. Et bientôt la bataille décisive commence…

Au même moment Svip, le père du héros, s'éveille en sursaut, très inquiet.
Trouvant ses deux autres fils il leur dit que Svipdag est férocement attaqué, qu'il est gravement blessé et qu'il a même déjà perdu un œil ! Pourtant dans sa vision il a vu que trois Berserkers étaient tombés mais qu'il en restait autant… par chance la bataille était toute proche d'ici !
Les frères donc partirent sans tarder et parvinrent à temps au combat… ils tuèrent les derniers Berserkers et ceux de leurs hommes tenant à la vie leur prêtèrent aussitôt allégeance ! Il est décidé alors de rentrer à Uppsala auprès du Roi…

… Là Svipdag passe un long temps à se remettre de ses blessures, veillé par la Reine Yrsa.
Une fois remis, le guerrier borgne met en défaut le Roi et sa lâcheté, tiraillé qu'il était entre le sauver ou laisser ses Berserkers le vaincre. Malgré les protestations du Roi, Svipdag et ses frères délaissent l'ingrat clamant qu'ils iront chercher plus grand et généreux Roi ailleurs !

15 / Svipdag et ses frères rejoignent les hommes du Roi Hrolf.

Les trois frères laissent donc le Roi, remercie cependant chaleureusement la Reine puis chevauchent prévenir leur père de leurs décisions.
Svip leur conseille de rejoindre les hommes de Hrolf qui ont une réputation de bravoure légendaire au Danemark. Il leur dit que Hrolf est le Roi le plus noble d'âme du monde et que son nom restera associé pour toujours à sa grandeur. Il est bon, juste, traite d'égale à égale et avec sagesse les plus humbles comme les plus nobles. C'est un grand homme !
Sur ce les trois frères partent…
… ayant audience, Svipdag demande au Roi Hrolf d'être de ses hommes. Le Roi est dubitatif une fois au courant que Svipdag servait avant le Roi Adils, son ennemi. Mais il loua sa bravoure et offrit aux frères de prendre place dans la Halle au côté d'un certain Bjalki mais de laisser la place pour douze hommes sur les bancs.
Svipdag demande alors à Bjalki pour qui sont ces places… et il apprend que ce sont celles des Berserkers de Roi pour l'instant parti !

Le temps passe et les frères de Svpidag trouvent quelques bonnes compagnies avec les filles du Roi Hrolf, Skur et surtout Drifa.
Ainsi passe l'été jusqu'au retour des Berserkers à l'automne. Leur chef, décidemment, défie tous les hommes et surtout Svpidag qui relève comme à son habitude le défi ! Mais le Roi le sépare considérant les hommes comme égaux et désormais frères d'armes, ce dont les guerriers acceptent…
… il faut dire que Hrolf a une autre préoccupation, celle de récupérer le trésor de son père auprès du Roi Adils. Il fait part de cette volonté à ses messagers qui visitent la Reine Yrsa en ce sens. Malheureusement la Reine ne peut rien faire et prie son fils Hrolf d'aller chercher lui-même le trésor… en attendant elle lui fait don de riches présents, ne pouvant faire mieux.

16 / Le Roi Hrolf dupe le Roi Hjorvard.

Hrolf ayant une armée nombreuse et crainte, il mis facilement sous sa coupe la plupart des autres Roi lui confiant leurs meilleurs guerriers, ces derniers de toute façon le rejoignant sans peine, sa générosité étant bien supérieure à leur seigneur…
… en sus, la forteresse de Hrolf était puissante, gigantesque et la plus forte du royaume du Danemark où elle se dressait au lieu appelé Hleidargard.

Il restait pourtant un Roi puissant, Hjorvard, marié à la sœur de Hrolf, Skuld. Hrolf invita donc son vis-à-vis à un festin durant lequel il se retira avec lui à l'écart.
Défaisant son ceinturon et confiant à Hjorvard son épée, Hrolf reboucla ce même ceinturon redemandant son arme à son beau-frère. Alors il lui rappela un adage qui disait qu'un homme tendant à un autre une épée était de fait plus servile et faible que l'autre !
Ainsi par ce tour de passe-passe, Hjorvard, fort marri, fini par se soumettre à l'obédience de Hrolf !
(On apprend en sus ici que Svipdag n'apparaît plus dans la suite de la Saga)

17 / Le Roi Hring de Norvège se marrie à Hvit.

Il est dit ici en marge de l'histoire qu'au royaume d'Uppdales en Norvège était un Roi du nom de Hring ayant un fils Bjorn.
La Reine étant morte depuis peu, tout le royaume la pleurant, les conseillers du Roi intiment à Hring de retrouver une femme. Parties la trouver, les hommes du Roi sont pris dans une effroyable tempête et s'échouent sur les côtes du Finnmark durant tout l'hiver.

S'enfonçant au printemps dans ces terres inconnues, ils trouvent une Halle où deux belles femmes résident avec une servante. La plus âgée confie qu'elle garde la seconde en ce lieu pour la cacher d'un Roi désirant la marier alors qu'elle ne le veut pas… en sus son père parti à la guerre ne pouvant la protéger !
Interrogé sur ce père, il est présenté comme le Roi des Lapps. La femme mûre, Ingerbjorg, se présente elle-même comme sa maîtresse, Hvit, sa protégée, étant leur fille. Les hommes du Roi lui propose alors de la marier à Hring ce dont Hvit accepte.
De retour au royaume, l'union est proclamée sans que la noblesse de Hvit ne soit certaine.
Plus tard, le Roi étant vieillissant, le comportement de la Reine Hvit s'en trouve affectée…

18 / L’amour de Bera et Bjorn.

Non loin du royaume de Hring était une ferme d’hommes libres, le couple de fermiers ayant une fille du nom de Bera, jeune et belle.
Depuis tout jeune le fils du Roi, Bjorn, et Bera s’amusait ensemble et rencontrait toujours, s’aimant désormais…
… durant cette période rien de notable ne se passe. Bjorn devint un homme puissant et son père s’absenta de plus en plus souvent pour la guerre, laissant la Reine Hvit gouverner. Elle n’était pourtant pas très populaire bien qu’affable avec Bjorn bien qu’il ne lui porte pas attention.
Le Roi un jour de retour trouva Hvit qui lui conseilla de permettre à son fils de gouverner avec elle… Bjorn n’est pas d’accord, toujours plus méfiant envers la Reine, mais son père n’écoute que sa femme puis repart.

19 / La Malédiction : Bjorn rejette les avances de la Reine Hvit.

Bjorn ne supporte pas la décision de son père et renvoie dans ses quartiers la Reine qui tente de l’apaiser.
Elle ne se décourage pas et multiplie alors ses avances arguant que leur couple serait bien plus puissant que le faible pouvoir du Roi vieillissant. Un jour qu’elle devint pressante, Bjorn la gifle violemment et veut la bannir !

Hvit devient hystérique et mauvaise. Elle lui promet le pire à lui qui est stupide et à sa pauvre fille du peuple qu’il aime au lieu de l’aimer elle. Elle finit alors par le griffer de ses gants faits de peaux de loups… alors une terrible malédiction est provoquée par ses dires :
Elle hurle qu’il deviendra ours ! Il sera brutal et sauvage, ne se nourrissant plus que du bétail de son père, tuant sans arrêt et souffrant à jamais du souvenir de ce sortilège irréversible !

20 / La transformation en ours de Bjorn et la naissance de Bodvar.

Bjorn disparaît ! Et nul ne le retrouve malgré d’intenses recherches !
On suppose même qu’un ours, vu ces jours là, l’ait dévoré…
… d’ailleurs un soir Bera tombe face à face avec cet ours énorme ! Pourtant il ne la menace pas et elle pense reconnaître le regard de Bjorn ! Elle le suit alors dans son antre…
… et le voilà redevenu homme à la nuit venue. Mais s’ils sont heureux de leur retrouvaille, Bjorn tristement lui confie que leur union est impossible car il est ours le jour.

Plus tard rentre le Roi Hring qui, mis au courant de la perte de son fils, ordonne la mort de l’ours.
Bjorn pressent sa fin et prophétise à Bera qu’elle récupère son anneau royal sous sa dépouille et qu’ainsi le Roi lui offrira ce dont elle aura besoin. Il lui recommande de se méfier de la Reine, une Troll à ses dires, et de ne surtout pas manger sa viande qui sera servie ! Ensuite il lui apprend qu’elle aura trois fils de leur union et que la viande incestueuse serait obscène si elle l’ingérait…
… ensuite il lui suggère de partir chez son père ou, si les enfants sont trop instables, de les emmener à l’antre caverneuse. Là ils trouveront un coffre à trois compartiments gravés de Runes où chacun trouvera son legs. Trois armes seront également à leur disposition fichées dans le roc… une pour Elk-Frodi, une pour Thorir et une autre pour Bodvar, leur futur nom !
Ainsi s’en va Bjorn qui bientôt est traqué, chassé puis découvert.
Il tue tous les molosses à ses trousses et mutilent bien des hommes avant qu’ils ne l’encerclent. Se jetant sur le Roi, il n’éventre que l’un de ses gardes avant de périr sous les coups des chasseurs…
… Bera ayant assisté à la scène s’empare de l’anneau sous la dépouille le montrant au Roi.
Invité au festin et dissimulant son identité, la Reine pressens un mensonge. Elle l’invite donc dans sa chambre et lui fait servir de la viande de l’ours chassé ! Refusant, Bera se voit fustiger par la Reine qui l’exhorte à manger sous peine des pires maux.
Bera finit par manger un peu de viande… satisfaite la Reine ricane et la laisse retourner dans la ferme de son père !

Bera tombe alors gravement malade mais donne naissance aux trois enfants de Bjorn.
Le premier, Elk-Frodi est étrangement fait du haut d’un homme mais sous le nombril d’un corps d’élan ! Le second, Thorir est lui pourvu de pattes de chiens en lieu des pieds… on le connu ensuite comme Thorir au pieds de molosse et il fut reconnu encore plus pour sa gentillesse ! Enfin vint Bodvar, le plus prometteur, sans défaut apparent, le préféré de Bera…
… le temps passa et les enfants devinrent d’une férocité incontrôlable se mesurant dés leur jeune âge aux joutes des guerriers, en mutilant et en tuant même ! Aux âges de douze ans le Roi finit par les bannir !

Leur mère emmena alors en premier Elk-Frodi, le plus violent des frères, à la caverne de leur feu père où étaient le coffre et les armes. Bodvar n’eut d’abord que la plus maigre part du legs puis tenta d’extirper une longue épée, en vain, puis une hache sans plus de succès. Esa mère lui dit alors que chacun d’entre eux devait avoir son arme…
… extirpant la dernière épée, courte et commune, il clama que c’était là décision bien injuste ! Il s’en alla vexé, sans dire ses saluts à sa mère, gagna les montagnes où il tua et pilla ceux croisant sa route ! Il s’y construisit alors un abri, retiré de tous !

21 / Thorir devient Roi des Goths.

Thorir à son tour rejoint sa mère dans l'antre de son père. Comprenant pourquoi il est né ainsi, il s'apaise puis s'empare de la hache lui étant destinée. Il fait ses saluts à sa mère puis s'en va.
Thorir décide d'aller visiter son frère Elk-Frodi et l'attend dans son abri la cagoule de sa cape baissée. Frodi arrivant brandie alors son épée déclarant :

"Grogne l'épée
quittant son fourreau.
La main se souvient
de sa tâche au combat !"
Ce à quoi répondit Thorir :
"J'ai permis,
mais par une autre voie,
à ma hache d'hurler
le même cri !"

Les deux frères habitèrent ainsi ensemble un moment et Thorir, ne désirant pas profiter des présents de Frodi, finit par désirer partir. Alors Frodi lui confia que le Roi des Goths venait de mourir et qu'il pourrait prendre le trône !
Les frères ses séparèrent donc chaleureusement, Thorir gagnant la terres des Goths y passant la nuit hébergé par un Jarl rencontré. Une assemblée pour désigner le nouveau Roi fut organisée, beaucoup déjà pensant à Thorir étant donné sa présence incroyable.
Peu purent de toute façon rivaliser avec lui et il fut intronisé sous le nom du Roi Thorir aux pieds de molosse !

22 / La Vengeance de Bodvar.

Seul donc Bodvar resta avec sa mère qui le chérissait.
Pourtant un jour qu'il s'interrogeait sur son père, Bera finit par lui raconter toute l'histoire de Bjorn ainsi que la malédiction terrible de la Reine Hvit à son encontre. Elle raconta aussi la torture d'avoir mangé la chair de son père et les maux ayant ainsi frappés ses frères !

Bodvar jura alors de tuer cette sorcière.
Sa mère le mis en garde contre sa magie noire… mais déjà ils eurent audience auprès du Roi Hring lui expliquant ce qu'il avait déjà compris. Le Roi ne désirait pas qu'on fasse du mal à la Reine mais il n'était plus en mesure d'arrêter Bodvar malgré les promesses de richesses ou de statut à la cour !
Bodvar gagna donc la chambre de la Reine suivit de sa mère et du Roi. Il avait un sac de cuir qu'il déposa brutalement sur la tête de Hvit, l'empêchant de psalmodier sa sorcellerie. Alors il l'étrangla avec et la Reine finit par mourir étouffée !

Bodvar, âgé de dix-huit ans, tua donc la Reine Hvit.
Le Roi Hring ne s'en remit pas et mourut à son tour de tristesse et de maladie…
… Bodvar devint Roi pour un temps mais réunit la cour et décida de partir laissant le trône à sa mère qui fut mariée à un Jarl du nom de Valsleyt.
Alors s'en alla Bodvar, loin à cheval…

23 / Bodvar et ses frères.

Bodvar chevauche ainsi jusqu’à la fameuse caverne de son père.
Il dégagea l’épée du mur, une arme enchantée qui ne pouvait être sortie de son fourreau que trois fois par le même guerrier, donnant alors la mort à chaque fois.
Bodvar se rend alors voir Elk-Frodi, confectionnant avant un fourreau de bouleau pour l’épée.
La capuche baissée, il attend Frodi dans son abri qui le menace aussitôt. Les menaces s’enveniment et on en vient aux mains… Bodvar se découvre alors calmant Frodi qui lui réplique que bien lui a pris car il était bien plus fort que lui !
L’accueillant pour un temps Bodvar reproche à son frère ses actions passées et lui mande de changer, puis il décide de partir…
… Elk-Frodi lui conseille à son tour de rejoindre le Roi Hrolf. Se tailladant le mollet il proposa alors à son frère de boire son sang ! Ce qu’il fit !
Et alors Bodvar devint aussi puissant que son frère, heureux de ce fait. Ce dernier frappa alors d’un de ces sabots une pierre jusqu’à la fendre… il clama alors que si la brèche se remplissait un jour de terre c’est que Bodvar était mort de maladie, d’eau s’il s’était noyé et enfin de sang si par les armes il perdait la vie !

Bodvar reprit la route et entra dans les Terres Goths.
Thorir absent, et les frères semblant jumeaux, le peuple cru leur Roi de retour ! On le servit comme tel l’emmenant alors retrouver la couche de la Reine ! Mais il n’en profita pas et confia son secret à la dame… d’ailleurs Thorir revenait.
Un festin fut dressé et Thorir proposa la moitié de sa fortune à son frère qui comme avec Frodi, refusa. Thorir accompagna un temps son frère sur le chemin du voyage puis ils se séparèrent chaleureusement sans que leurs craintes ne soient évoquées…
… ainsi Bodvar gagna le Danemark puis l’Hleidargard.

La nuit tombant un orage énorme éclate avec des trombes d’eau, le sol devenant boue, le cheval de Bodvar s’épuisant… et là se dresse une ferme. Trouvant l’entrée, il frappa et un homme lui ouvre son hospitalité. Il l’invite donc et les deux hommes discutent sur le Roi Hrolf.
Là l’épouse intervient, pleurant son fils, Hott, s’étant rendu à la cour. On dit qu’il fut raillé, devint l’esclave de mauvais hommes lui jetant les os de leurs repas comme à un chien ! Mort ou vivant elle manda l’aide de Bodvar…
… l’aube vient et Bodvar repartit.
Arrivé à la cour royale, il y pénétra sans permissions. S’asseyant un moment il remarqua alors une pile d’os d’où une main sale sortait ! C’était là Hott qui pathétiquement se protégeait par un bouclier d’os ! Bodvar l’extirpa, le lava et le fit s’asseoir avec lui sur les bancs de la Halle du Roi l’attendant lui et ses hommes jusqu’au soir !
Les premiers leurs jetèrent quelques os à leurs pieds comme à l’accoutumée… mais cette fois Bodvar ramassant le plus gros le propulsa d’une telle violence qu’il tua un des hommes, tous les autres tremblant alors de peur !

Le Roi arrivant fut alors mis au courant de l’acte assassin.
Le Roi les empêcha pourtant de le tuer, leur reprochant même ce jeu stupide puis s’enquit de l’identité de l’étranger. Se présentant, Bodvar, auquel le Roi demanda compensation, promis de rester à sa cour mais à la condition de garder Hott à ses côtés…
… le temps passa alors jusqu’à la veille de Yule. Là tous les hommes semblèrent soudain abattus ! S’en inquiétant, Bodvar appris qu’une créature ailée et monstrueuse hantait depuis deux hivers à cette date le royaume, dévorant les plus émérites guerriers l’ayant combattue !
Alors Bodvar lui sortit dans la lande, forçant Hott à l’accompagner !
Hott servit d’appât et hurla à la vue de la bête arrivant… Bodvar se dressa prêt à frapper mais pendant un moment son épée refusa de s’extirper de son fourreau ! Finissant par le craquer, la lame perfora au dernier moment la créature jusqu’au cœur !
Alors Bodvar force cette fois Hott à boire le sang du monstre, lutte contre lui qui découvre alors sa nouvelle force ! Jamais plus Hott ne craindrait quiconque !

Chose surprenante ils conservèrent ce secret un temps.
De retour ils virent Hrolf inquiet car la bête avait été vu bien qu’elle n’est point attaquée…
… et Bodvar alors de clamer que le valeureux Hott vaincrait la bête mieux que tout autre guerrier !
Hott se propose donc mandant l’épée du roi, «Pommeau d’Or » pour cette tâche…
… Hott se hâte alors auprès de la dépouille de la bête y enfonçant la lame !
Mais le Roi n’est pas dupe et soupçonne Bodvar d’avoir été malin. Mais Hrolf ferme les yeux et renomme Hott sous le nom noble de Hjalti en faisant son homme le plus précieux…

(Ici est dit que s’achèvent les aventures de Bodvar et ses frères)

24 / Les champions du Roi Hrolf.

L’hiver passa et vint le temps attendu du retour des Berserkers. Bodvar appris de Hott/Hjalti que comme à l’accoutumée les Berserkers se mesureraient à chacun en cette Halle, même au Roi !
Nul n’osait à cette occasion les défier…
… ce dont Bodvar clama au Roi que des lâches l’entourait ! Tous se tairent alors…
déjà un an que Bodvar était avec le Roi quand donc à Yule arrivèrent les Berserkers qui défièrent les hommes sans qu’ils ne disent mots… sauf un…
Le Chef des Berserkers interrogea donc Bodvar. Et, lui, lui répliqua qu’il n’était pas une truie dans sa fange et qu’il les valait tous ! Il souleva alors le chef avec son armure le projetant d’une force inouïe au sol ! Hjalti engagea alors le combat avec tous les autres Berserkers !
Le Roi supplia alors Bodvar de mettre un terme à ce chaos et de ramener l’ordre…
… le calme revenu, le Roi menaça quiconque attaquerait un autre, sauf si il était ennemi au royaume. Les Berserkers s’ils étaient valeureux n’étaient plus sa seule force et ils devaient admettre que ses champions étaient tout autant puissants…
… ce qu’ils firent et la bonne entente regagna la Halle !
Tous prirent place alors auprès du Roi ainsi :
- Bodvar, le plus valeureux, estimé et puissant de tous, assis à la droite de Hrolf.
- Ensuite s’assis Hjalti le Magnanime, ainsi appelé par le Roi car jamais il ne se vengea des hommes l’ayant humilié auparavant… mais le Roi s’en chargea lui-même !
- A la gauche du Roi s’assoirent les trois frères célèbres, Svipdag, Hvitserk et Beygad !
- Ensuite se placèrent les douze Berserkers.
- Le reste des bancs furent occupés par les autres champions, héros et guerriers…

… Bodvar était le plus craint et fort de cette incroyable assemblée. Le Roi le maria à sa fille unique, Drifa. Le temps passa alors en festins à la gloire du Royaume avec de tels hommes pour le garder !

25 / Bodvar encourage le Roi Hrolf à recouvrer son legs.

Lors d’un festin, le Roi Hrolf s’exclama que jamais un Roi n’eut pareille armée à sa Halle et il interrogea Bodvar sur ce fait.
Ce dernier lui répondit que oui mais confia cependant qu’il lui manquait une chose pour devenir le plus grand des Rois ! En effet le Roi Adils, son parent, détenait encore à Uppsala ce qui appartenait à son père ! Hrolf expliqua à son tour que le Roi Adils était plus qu’un homme… il était un sorcier puissant, redoutable et cruel, versé dans une magie sombre et maléfique !

Qu’importe dit Bodvar ! Rencontrez-le et voyez sa réplique à une telle demande ! Dit-il.
Hrolf s’inquiéta alors de grand risque encouru à évoquer la dette de vengeance qu’il portait à son vis à vis, ce qui les mettrait tous en danger…
… mais Bodvar lui, justement, attendait là de voir de quoi était fait cet Adils !

26 / Trois étranges nuits avec Hrani.

Hrolf prépare donc la rencontre avec Adils accompagné des douze Berserkers, de douze champions et d’une centaine de guerriers !
Sur leur route un fermier leur propose étrangement de les héberger…
… surpris qu’il le puisse ce dernier ris et dit qu’il y aura à manger et à boire pour tous. Il se présente alors sous le nom de Hrani.
Pourtant durant la nuit beaucoup grelottèrent de froid.
Au matin, interrogé, il dit au Roi que si cette difficulté était déjà trop grande, elle n’était rien comparée aux épreuves à venir du Roi Adils ! Le fermier conseilla alors de renvoyer la moitié des hommes de Hrolf… ce qui fut fait !
Vint la seconde nuit et encore une fois le fermier les invita en une autre ferme !

Le Roi dit alors au fermier qu’il lui semble être un bien drôle et vieux illusionniste !
Cette fois pendant la nuit la plupart se retrouvent assoiffés, se précipitant sur une large cuve de vin pour étancher leur insupportable soif ! Une nouvelle fois également le fermier doute des forces de l'armée du Roi !
Vint alors un terrible orage forçant les hommes à rester là une nuit de plus, la troisième.
Le Froid gagne de nouveau les troupes et tous se blottissent autour de l'âtre si ce n'est les champions du Roi. Alors le fermier intime à ce dernier de ne garder qu'eux pour rejoindre Uppsala !

Plus tard le Roi Adils fut mis au courant de l'arrivée de Hrolf et il s'en réjouit, certain qu'à la fin de leur entrevue, les faits de celle-ci inspireraient pour longtemps les meilleures légendes et récits !

27 / L'accueil trompeur du Roi Adils.

Enfin Hrolf et sa compagnie arrivent à la Halle de Adils.
Tout le peuple s'était amassé partout pour voir les guerriers et chevaliers déjà légendaires du royaume de Hrolf ! Laissant leurs chevaux, la compagnie pénétra dans l'enceinte royale, tous s'écartant à leur entrée.
Bodvar, pourtant bien reçu par les gardes, leur intima l'ordre de bien s'occuper de leurs chevaux, les menaçants même comme de vulgaires lads…

… peu après, le Roi Adils tenu au courant d'une telle insolence rétorqua à ses hommes de couper les queues et crinières des montures des "invités" et de leur peler la peau sans jusqu'à les tuer toutefois… mais les mettre au plus ridicule possible !

Déjà les portes de la Halle royales furent passées par la compagnie. Svipdag s'avança le premier, conseillant à Hrolf de ne pas s'identifier, le Roi Adils ne le connaissant pas physiquement…
… les rares guerriers présents désertèrent à l'avancée de la cohorte, l'allure impressionnante des champions de Hrolf glaçant les sangs et leurs faucons juchés sur leurs épaules y participant. Celui du Roi d'ailleurs avait un nom, celui de Habrok.
Et là soudain, fier comme jamais, se dressa le trône royal occupé par Adils ! Le moment fut lourd et profond quand tous les yeux se croisèrent… alors Adils parla :

"Le maître doit être puissant pour avoir un émissaire tel que Svipdag !" Se moqua le Roi… "A moins que les choses ne semblent pas être ce qu'elles semblent !"
"Une bosse est dans l'arrière de son crâne,
L'œil est exorbité de sa tête,
Une cicatrice parcoure son front
Et deux plaies couvrent ses mains… ainsi est son frère Beygad l'estropié !"

Svipdag pris sur lui puis clama fort que le Roi le reçoive, lui et ses douze hommes comme il avait été convenu… ce dont Adils consentit leur faisant un geste d'avancer.
Pourtant ils ne distinguèrent point de festin dans la pénombre dans la Halle, d'ailleurs ils ne discernaient qu'à peine même le visage du Roi. Les enfoncements et recoins des murs ainsi que les décorations faites d'anneaux cliquetants semblèrent oppressants soudain… alors, de derrière des poutres, des caches et des ombres chargèrent les guerriers d'Adils !
Mais si le combat fut violent il ne resta plus qu'un tas d'hommes désarticulés face à la compagnie de Hrolf !

Le Roi Adils, éberlué, clama mielleusement que cesse le combat, hurlant sur ses hommes qu'ils étaient fous de s'en prendre à ses invités ! Les accueillant soudain chaleureusement il manda auprès de Hrolf pour parler à son vis-à-vis et le saluer !
Svipdag hurla son dégoût et sa honte envers Adils mais tous finirent par s'asseoir…
… le Roi Adils alors interroge Svipdag sur le nombre de troupes formant l'escorte de Hrolf, ce à quoi Svipdag répond que peu ou non, après cette traîtrise, cela ne le regarde plus !
Alors s'arrête là leur discussion…

28 / Le Roi Adils tente de défaire le Roi Hrolf.

Le Roi Adils fit sortir les morts et blessés, en nombre, de sa Halle !
Les hommes de Hrolf, les mains sur les gardes de leurs armes, s’assoirent d’un côté de l’âtre, ceux de Adils de l’autre…
Adils loua alors la puissance de la compagnie mais usa une nouvelle fois de maléfice en embrasant l’âtre clamant que l’on verrait si chacun d’eux préférerait brûler que de révéler qui était leur Roi ! Et c’était là rude épreuve à franchir !
Les flammes de l’âtre se déchaînèrent alors jusqu’à atteindre les hommes de Hrolf… ils lui laissèrent quelques vêtements, certains lui jetant même leur bouclier pour l’apaiser ! Alors Bodvar dit à Svipdag :

Nourrissons les flammes
En la place forte de Adils !

Alors ils saisirent deux hommes du Roi Adils et les lancèrent dans le feu ! Hjalti à son tour en envoya un troisième puis Hrolf dit :

Il ne fuit aucun feu
Celui qui saute par-dessus !

Alors tous les hommes du Roi Hrolf le suivirent, relevant par là le défi de Adils, sautant tous au travers des flammes…
… Adils fuit alors avant qu’on le saisisse et il se jeta dans le creux de l’arbre sacré trônant dans la Halle, sa magie l’aidant à y disparaître !

Il réapparut alors dans la chambre de la Reine Yrsa.
Mais il n’y trouva pas moins de menace, celle-ci le maudissant, lui qui avait trahi puis tué son ancien mari et qui désormais désirait prendre la vie de son fils Hrolf ! Alors Adils quitta le palais…
… Yrsa envoya alors l’un de ses messagers accueillir Hrolf et ses hommes.
Le messager se nommait Vogg et il manda si l’homme au visage maigre, anguleux et semblable à un Kraki était là le Roi de cette compagnie ?
Kraki était là nom bien choisi s’entendit-il répondre par Hrolf lui-même ! Il lui offrit alors un anneau d’or jugeant par là à la fois de la cupidité de Vogg l’acceptant avec hâte mais aussi de ses services… tous donc décidèrent de dormir dans les quartiers de la Reine.
La Halle leur étant réservée était fastueuse et ils en apprécièrent l’hospitalité… seul Bodvar demeura inquiet de la présence menaçante du Roi Adils…
… ce à quoi Vogg abonda parlant des maléfices du Roi capable selon lui d’invoquer les pires des créatures, surtout une ayant la forme d’un monstrueux sanglier !

Tous s’endorment pourtant bientôt mais un pas lourd et sinistre les réveille bientôt !
Vogg crie alors qu’un effrayant Troll approche, invoqué sans nul doute par Adils ! D’ailleurs le non moins terrible chien de guerre de Hrolf, du nom de Gram, retrousse déjà les babines…
… et voilà le monstre entrant avec fracas dans la Halle, sa face porcine hurlant d’affreux cris !
Un combat sauvage éclate entre le Troll et le chien de guerre, ce dernier arrachant les oreilles du sanglier et lui lacérant la face ! Bientôt le Troll s’enfuit alors…
… et peu après voilà Adils et ses hommes à l’entrée de la Halle incendiant celle-ci !

Tout est déjà vite dévoré par les flammes… Bodvar refuse pourtant de périr sans combattre et il enjoint alors tous à l’imiter, hurlant à tous de se joindre à lui pour abattre l’un des murs de la Halle pour s’échapper du feu !!

29 / La Reine Yrsa donne au Roi Hrolf son héritage et plus encore…

Incroyable que fut là le plan désespéré de Bodvar, celui-ci fonctionna !
Le mur de la Halle s’écroula et les hommes de Hrolf se retrouvèrent face à une cohorte de guerriers revêtus de cottes de mailles. Alors une lutte brutale s’engagea…
… au plus fort de la bataille le faucon de Hrolf s’éleva haut dans le ciel au-dessus de la mêlée. Bodvar y vit là un signe que les Dieux appréciaient ce combat et qu’ils étaient de leur côté. Puis le faucon se déchaîna, tuant tous les faucons de Adils, au moment où les ennemis des hommes de Hrolf tombèrent à leur tour !
Mais là, au milieu des blessés, des morts ou des vaincus, nul ne trouva Adils.
Tous les hommes regagnèrent alors sa Halle et s’assoirent sur les bancs des vainqueurs, Hrolf s’adjugeant même pour lui son trône. Adils, certainement grièvement atteint, sembla avoir quitté la forteresse… mais il eut sa vengeance quand on découvrit les chevaux torturés à l’étable !

La Reine Yrsa choisit ce moment pour venir à Hrolf et le saluer gracieusement.
Elle s’excusa des forfaitures du maudit Adils puis se trouva désolée de ne pouvoir accueillir son fils bien longtemps. En effet partout en Suède se réunissaient déjà les armées de Adils et elle pressentit que la bonne Fortune de Hrolf ne suffirait pas à le protéger de sa sorcellerie…
… elle lui fit alors don d’une corne d’argent renfermant les plus précieux anneaux de Adils dont l’un, le Sviagriss, était le plus puissant et chéri de tous. Elle accompagna la corne d’un trésor incroyable d’or et d’argent, dont Hrolf fit don à son tour d’une partie à Vogg.
La Reine de nouveau offrit ensuite douze chevaux à la robe d’ambre si ce n’est un, entièrement blanc comme la neige, dévoué à Hrolf. Ils étaient les montures favorites du Roi Adils, tous lourdement revêtus d’armures lourdes, mais les plus rapides de tous.

Yrsa les accompagna ensuite quand ils grimpèrent sur les chevaux. Elle leur supplia de demeurer prudent car une rude épreuve les attendaient là où ils allaient… alors tous partirent, Hrolf se séparant de sa mère en un au revoir émouvant et tendre…

30 / Le Roi Adils est envoûté par l’or et le Roi Hrolf met en colère Hrani.

La troupe du Roi Hrolf chevaucha donc vers Uppsala.
Sur le trajet les hommes pénétrèrent dans la région des Plaines de Fyris. Sur l’un des chemins, les sabots des chevaux firent teinter un anneau d’or brillant. Ce à quoi Hrolf dit qu’il teinta d’être ainsi seul… et dégageant l’un de ses propres anneaux il le jeta à ses côtés !
Il dit alors que rien ne le dévierait de sa quête, ni lui, ni ses hommes…
… et tous promirent qu’ils ne le toucherait pas, et ceci au moment où des cors résonnèrent, provenant d’une horde impressionnante les pourchassant !
Pourtant Hrolf ne fit pas hâter le pas… s’approchant de Beygad qui détenait la corne remplie d’anneaux d’or, il les essaima alors tout le long du chemin !
Et leurs poursuivants arrivant sautèrent de leur monture pour récupérer ce trésor, se les disputant et oubliant leur chasse…

… Adils, qui était à leur tête, hurla de rage, maudissant la honte qu’endurerait son armée de n’avoir pu ainsi repousser douze cavaliers de son royaume ! Seul le Roi et sa garde reprirent la chasse…
… ce que vit Hrolf qui cette fois jeta au sol le fameux Sviagriss !
Et cette fois c’est Adils qui devint fou et heureux de le retrouver, se penchant pour le récupérer par la pointe de sa lance…. Mal lui en pris car Hrolf lancé au triple galop lacéra de son épée Skofnung, la plus merveilleuse des lames de toutes les landes nordiques, les fesses du Roi !

« Voici mis à terre dans la honte, le plus puissant des Suédois, tel un gueux ! »

Voilà ce que dit Hrolf laissant fuir comme à son habitude Adils, gravement blessé, et laissant les autres guerriers égarés se fairent décimer par ses fidèles…

La nuit venant déjà la troupe trouva de nouveau une ferme, celle de Hrani…
… ce dernier les accueillant, lui qui avait prédit leur bonne Fortune !
Hrani offrit alors au Roi une panoplie grossière faite d’une armure, d’un bouclier et d’une épée, ce que Hrolf dénia… et l’humeur du fermier se dégrada, échaudé par ce refus.
Il défia même le Roi lui disant qu’il n’était point malin ni sage !

La troupe laissa là Hrani puis s’avança dans les ombres…
… ayant peu progressé, Bodvar regretta déjà cette dispute et l’offense faite. Hrolf s’en inquiéta à son tour pensant que Hrani n’était qu’Odin le Vieux lui-même. Alors Svipdag leur conjura de rebrousser chemin.
Mais de ferme ou de fermier il n’y eut plus !
Hrolf pesta alors et dit que cet homme n’était là qu’un esprit malfaisant…
… retournant au Danemark, Bodvar douta alors de la trêve faite à Adils et en fit par à Hrolf, cette paix pouvant là atteindre leur Fortune si d’aventures ils ne poussaient pas plus avant. Ce à quoi Hrolf dit :

« Le Destin seul règne sur la vie de chaque homme et non cet idiot ! »

Bodvar répliqua pourtant qu’il pressentait des troubles importants à venir…
… mais les deux hommes se turent et tous profitèrent de leur glorieux retour.

31 / La Reine Skuld incite le Roi Hjorvard.

Un long temps passa durant lequel Hrolf et ses troupes demeurèrent en paix au Danemark.
De son côté la Reine Skuld s’impatientait. Elle dit à son époux, le Roi Hjorvard, qu’il était anormal de payer à Hrolf un tribut et de n’être que de simples sujets sous sa domination !
Son époux lui désirait rester en paix. Ce à quoi la Reine le traita de lâche !

Hjorvard lui que nul ne pourrait défier et encore moins vaincre Hrolf.
La Reine enrage devant cette couardise et incite le Roi à défier pourtant Hrolf qui, à son avis, est en déclin, craignant toutes guerres. Skuld se charge alors de fomenter un plan.
Sorcière puissante, fille d’une Elfe non moins terrible, elle envoie alors des émissaires à Hrolf pour lui payer son tribut mais en une fois pour les trois ans à venir… ce à quoi sa requête est entendue.
Alors le temps s’écoula…

32 / La Reine Skuld attaque le Roi Hrolf à Yule.

Ainsi laissée sous peu de surveillance, le tribut étant payé, Skuld assembla les meilleures troupes et guerriers de toutes les provinces voisines… elle usa de pouvoirs magiques pour dissimuler leurs intentions et prépara également un sortilège terrible avec l’aide d’Elfes, de Nornes et autres créatures maléfiques…
… pendant ce temps Hrolf et ses hommes profitaient eux de tous les plaisirs à Hleidargard.
Mais, à Yule, arriva rapidement et soudainement, toute l’armée de Skuld, siégeant tout autour de la forteresse sous des tentes de guerre. Nul ne s’en inquiéta, pas même Hrolf, les festivités de Yule battant leur plein tout à la gloire de la cour, en ayant même oublié de louer les anciens Dieux…

Seul Hjalti le Magnanime alla lui visiter sa maîtresse aux camps au-dehors d’Hleidargard. La retrouvant il lui manda si elle préférait un homme de quatre-vingts ans ou deux de vingt-deux ! Et elle préférait assurément deux jeunes hommes…
…Hjalti ne goûta là guère son empressement et lui mordit le nez ! Puis se moquant d’elle, il sortit de sa tente et de son charme, réalisant soudain que les bannières de guerre étaient levées ! Alors il couru à la cour du Roi…

« Roi Hrolf, réveillez-vous ! »

Dit-il.
Et le voilà faire état de l’incroyable armée au-dehors discourant des menaces à craindre, que nuls n’a pressentit le danger venir et enfin par finir d’appeler les hommes au combat pour défendre le trône !
Alors les valeureux se levèrent un à un !

Hromund le Dur
Hrolf la Main-Vive
Svipdag
Beygad
Hvitserk le Hardi
Haklang
Hardrefil
Haki le Vaillant
Vott l’Arrogant
Storolf
Hjalti le Magnanime lui-même
Bodvar Bjarki

Ce dernier, Bodvar, le douzième homme, qui faisait peur même aux Berserkers, hurla son courage et appela à tous les braves de clamer leur ardeur.
Alors le Roi Hrolf se leva à son tour !
Il n’avait nulle peur et invita tous les hommes à lever leur corne en la santé de leur prochaine victoire !

Mise au courant, Skuld reconnu là le courage de son frère que tous, amis ou ennemis, respectait… mais elle dit qu’il célébrait là sa propre chute…

33 / La Grande Bataille.

Le Roi finit là sa boisson puis se leva pour sortir, suivi de tous ses compagnons hormis Bodvar, introuvable !
Alors une fois au-dehors de la forteresse, une bataille incroyable et furieuse débuta…

… les gardes de la forteresse étaient peu nombreux mais leur courage sans limites.
Les assauts furent massifs, les coups fracassants et les lances vicieuses, nombre corps jonchant bientôt le sol. Hjalti rendit honneur à Hrolf qui batailla avec hargne comme jamais Roi ne le fit.
De son côté le Roi Hjorvard vérifia lui aussi que l’épée de Hrolf, Skofnung, tranchait et fracassait les crânes de ses ennemis, chantant gravement à chaque fois qu’elle rendait la mort ! La bataille prit ensuite un tournant dantesque et Hrolf décima tous ses opposants, atteignant là le moral de toute l’armée assaillante !
Mais il y eut pire pour eux…
… un ours puissant et effrayant pris le relais du Roi Hrolf, massacrant tout ce qui fut à sa portée, terrorisant le reste de l’armée de Hjorvard !

Hjlati s’inquiéta pourtant de la disparition de Bodvar ce qui mis en colère Hrolf lui ordonnant de ne s’occuper que de sa bravoure, Bodvar ayant sa propre destinée…
… toutefois, dans la confusion, Hjlati retourna dans les appartements du Roi, et il y trouva Bodvar, assis et l’air absent ! Il l’invectiva, le traita même de lâche et menaça de brûler la Halle s’il restait là, hagard !
Alors soudain il sembla s’éveiller puis Bodvar se leva ! S’approchant de Hjalti, il lui fit part de son absence de toute peur, lui rappela ses hauts faits d’armes passés et de la terreur qu’il inspirait à tous… puis il lui reprocha à son tour d’avoir par cet erreur de jugement desservi le Roi Hrolf dans sa bataille ! Il s’énerva alors et se désespéra de ne plus pouvoir influer sur leurs ennemis, le Destin seul maintenant décidant de la suite…

Et le Destin joua tout son rôle.
L’ours avait disparu et l’avantage tourna contre Hrolf. La Reine Skuld, usant de sorcellerie, sentit elle aussi la disparition du Familier qui l’empêchait d’agir plus tôt…
… alors bientôt un sanglier monstrueux chargea sauvagement les troupes du Roi Hrolf !
Le monstre avait la soie grise comme un loup, hideux et sanguinaire.
Bodvar revint à ce moment, se taillant un passage dans les rangs ennemis, tuant tout ceux lui barrant la route. Il était couvert de sang et sa fureur n’atteint jamais un tel point de violence et de folie.
Pourtant les troupes de Skuld ne semblèrent jamais diminuées malgré les morts par centaines !

Bodvar reprit ses esprits, hurlant que les morts se relevaient sans cesse et qu’il allait devenir inutile de combattre des fantômes !
Et combattre des Dvergrs étaient là les plus redoutables combattants que l’on puisse affronter…
… alors Bodvar éclata de colère accusant Hjalti de l’avoir arraché à sa transe !
Ce dernier ne se défaussa pas, clamant sa bravoure et son honneur, assumant son destin et hurlant que ses blessures prouvaient là sa valeur qui le verrait au crépuscule rejoindre le Valhalla avec tous ses compagnons ! Bodvar hurla à son tour qu’il avait traversé les pires batailles, effrayés même les Berserkers et défait le Roi Adils… il jura avoir démembré il y a peu le Roi Hjorvard mais que celui-ci était revenu malgré tout, tous comme son armée de mort ! Et là, maintenant, acculé par ces spectres, il cracha sa haine de ne pas, lui, y reconnaître Odin qui se cachait, lui le fils du mal, prêt à les piéger lâchement…
… il implora qu’on lui désigne le Dieu pour qu’il l’écrase de ses mains !

Hjalti, triste, dit que nul ne pouvait défaire son Destin ni vaincre le cours des choses…
… alors plus un mot ne fut échangé.

34 / La mort du Roi Hrolf Kraki.

Le combat final dépassa toutes les légendes.
Hrolf écrasa, tua, trancha et porta haut son honneur et sa bravoure… pourtant la garde de Hjorvard et les guerriers ensorcelés de la Reine finirent par l’encercler.
Skuld pénétra dans le cercle, appelant à la mort du Roi, malheureusement séparé de ses compagnons.
Ils étaient en effet tous blessés, assaillis, sans plus de force ni de vigueur, désespéré de ne pouvoir venir à son salut… tous les autres défenseurs de la forteresse étaient morts comme il le serait tous bientôt !

« La victoire est ainsi nôtre ! » Dit le Maître Galterus.
« Il n’y a plus rien entre nous et toi, mortel humain, Roi Hrolf ! Tu n’as aucune idée de ton créateur ! Seul un Dieu aurait pu nous vaincre ! »

Alors nul mot ne pu à ce moment décrire la folie des évènements et le déchaînement des dernières volontés de la compagnie de Hrolf… une frénésie fanatique qui s’empara de tous et qui vit périr Hrolf et ses fidèles, non sans qu’ils anéantissent le Roi Hjorvard et toute son armée dans leur chute !
Seuls restèrent vivants quelques lâches mais aussi la Reine Skuld !

Skuld devint donc la maîtresse de tout le royaume de Hrolf…
… mais pour peu de temps.
Elf-Frodi et le Roi Thorir s’allièrent en effet avec les forces du royaume de Suède de la Reine Yrsa, tous sous le commandement de Vogg. Cette formidable armée attaqua alors le Danemark, écrasant et décimant celle de Skuld… elle fut alors elle aussi prise puis torturée.
Ainsi le royaume de Skuld pris fin et fut remis aux mains des filles du Roi Hrolf.

Tous rentrèrent enfin en paix dans leur domaine respectif…
… un bûcher fut dressé pour rendre hommage à Hrolf et à ses compagnons, tous rendus aux flammes avec leurs armes…
… et ici s’acheva la fabuleuse Saga légendaire du Roi Hrolf Kraki !

FIN


Lai du Roi Hrolf Kraki (en Anglais)

The day has arisen,
The cock’s wings resound.
Time is for thralls
To get to their work.
Awake now, be awake,
Closest of friends,
All the best
Companions of Adils.

Har the Hard-griper,
Hrolf the Bowman,
Good men of noble lineage,
Who never flee.
I wake you not for wine
Nor for women’s mysteries ;
Rather I wake you for
The hard game of war.


Notes

Chapitre 1

Jarl Saevil : "Jarl" (comte) était un titre noble désignant un Seigneur souverain sur son domaine.
Karl : Les "Karl" étaient des hommes libres, paysans, artisans, etc.
"Chaque refuge sera comblé de neige" : Expression médiévale pour signifier qu'aucun endroit ne sera sûr.
"Völva et Homme-Sage" : Désignent ici les Prophétesses (Völur) du Seidr, la magie divinatoire, et les Hommes de savoir (Visindamenn), les mystiques.
Les Sorciers : (Galdramenn) Désignent ici les utilisateurs des Runes et des Galdrs.

Chapitre 2

Familiers des sorciers : (Fylgjur) Les Fylgur sont des esprits liés à un clan ou à une famille et qui gardent leurs terres. Les Sorciers sont capables de les invoquer et de s'en servir comme Familiers en leur donnant une apparence d'ombres…

Chapitre 3

Heid : Ici la fameuse Heïdi, prophétesse du Seidr, de la Völuspà ! Les Völvas étaient assises pour leurs augures sur des trônes, le Seidrhjallr, construis en bois, dont on trouve une description dans la Saga d'Erik le Rouge.
"Ceux ayant comploté" : "les Loups avec les Loups" (Vargar medr ulfum). Vargr (loup) et Ulf (loup) étaient un Kenning pour désigner les espions et traîtres.

Chapitre 4

Regin : Où l'on apprend que Regin signifie aussi la pluie comme Kenning.

Chapitre 6

Reine Olof : Le nom féminisé d’Olaf qui prend ici les caractéristiques d’une Valkyrie.
Terres Saxonnes : Désignent ici en partie les terres du Nord de l’Allemagne.
Courtois : (Kurteisi) Un terme du XIII Siècle venu de France et rajouté ici au texte original.
L’épine de sommeil : (Sleep Thorn) Un sortilège chargé dans une épine et introduite dans l’oreille plongeant la victime dans un sommeil rompu quand l’épine en est extraite.

Chapitre 11

Skuld : Il est dit que ce nom signifierait "Dette" ou "Due"…. mais c'est aussi le même nom qu'une des Nornes… mais Freya Kä dans le Hof confirme les caractéristiques de Skuld et son rapport au prix à payer…
Elfes : (Alfars) Ils étaient bien aussi haut que les Hommes à l'origine et étaient d'origine divines.

Chapitre 13

Sorcellerie : Fölkyngi (Très astucieux) Ici désigne une magie jugée sombre et maléfique…

Chapitre 14

Svipdag : Dans tout ce paragraphe on discerne sous les traits de Svipdag sans doute le Dieu Odin lui-même…
Hvitserk : Il est présenté ici comme le fils du guerrier Ragnar dit "Culotte-Poilue" (!) qui était lui-même parfois nommé Hvitserk, ce qui signifie "Chemise-Blanche".
"Duel" : "Holmganga" était un duel très codé avec des règles strictes. Ce terme signifie "île du départ" (?) "Island going"… cela vient du fait que l'on choisissait un lieu délimité pour le duel, très souvent une île.
Caltrops : (War-spurs) Mot que l'on pourrait traduire par "aiguilles-de-guerre" et qui désignent au moyen-age de grosses boules en fer garnies de pointes et que l'on pouvait dissimuler pour protéger des accès.
Vikings : Ici les Vikings désignent plus des pirates et des pillards qu'une peuplade distincte.
"Perdu un œil…" : On voit là la relation Svipdag/Odin et aussi la référence à la légende du Roi Suédois Svipdag le borgne dans la Saga des Ynglings.

Chapitre 17

Uppdales : (Uppdalir) Se traduit ici par Hautes Terres ou collines ou vals. Ce type de région pourrait correspondre au lieu de Trondheim et à une lande au nord du fjord d'Oslo…
Bjorn : (Ours) Un nom commun toujours utilisé en Scandinavie.
Finnmark : (Le royaume des Finns) L'actuel terres des Lappons qui sont ici appelés Finnois et connu aujourd'hui comme les Saamis (sorciers) réputés pour leur puissante magie…

Chapitre 19

Gants faits de peaux de loups : Ses gants étaient très communs aux Sorcières. Dans la Saga d’Erik le rouge la Völva porte de tels gants mais en peaux de chats !

Chapitre 20

"… le regard…" : En ces temps croiser les regards d'un animal semblant humain était là le signe de son enchantement ou de sa réincarnation…
Troll : En vieux Nordique le Troll désignait toute une variété éparse de créatures supranaturelles tels que les Géants, Fantômes, ogresses, etc…
Runes : Il y est précisé qu'elles sont Germaniques…
Elk-Frodi : (Elgfrodi) Signifie "l'Elan-Sage"… ce qui est douteux vu le personnage !
Bodvar : Signifie "Comme-la-Guerre" (?)

Chapitre 21

"…tâche au combat" (?) : Le mot en vieil Nordique est : Hildr… un Kenning pour le "Combat" et aussi un nom d'une Valkyrie. Hildr était un nom très commun dans la Germanie.
Goths : Le mot anglais est Gauts… (Goths ??)

Chapitre 23

"Il dégage l'épée… [-] à chaque fois." : Dans les vieilles Sagas Nordiques, bien souvent les armes sont enchantées ou pourvues d'esprit propre. Elles sont parfois maléfiques, bonnes ou caractérielles… Snorri lui-même en décrit une telle sous le nom de Dainsleif.
"… lui jetant les os comme à un chien !" : Pendant les repas, la boisson aidant, il arrivait qu'un jeu idiot fasse que certain lance sur d'autre des os, les blessant ou les tuant, sources de querelles parfois violentes dans tous les cas, comme mentionné dans les codes de lois Scandinaves de l'époque…
"… créature ailée [
-] combattue !" : il est mentionné également qu'aucune arme ne peut blesser la créature tout comme le Dragon dans la Saga de Beowulf. Ce qui n'est pas une preuve d'inspiration mutuelle car la plupart des Sagas quand elles mentionnent des monstres évoquent cette légende que seule une arme enchantée puisse la défaire !
"Bête" : Ici la bête est nommé aussi comme le plus grand des Trolls et parfois comme un "Dyr", sorte d'animal ou de monstre… il semble que l'auteur ait rajouté des ailes à cette créature !
"… sang du monstre…" : Manger ou boire le sang d'une créature était sensée acquérir ses pouvoirs, bons ou mauvais. Bodvar devient fort après lui aussi avoir bu le sang de son frère alors que sa mère Bera a eu des fils mutilés à cause de la chair mangée de son amoureux ! Et évidemment Sigurd s'il devient très puissant est là aussi due au fait d'avoir bu le sang du Dragon Fafnir…

Chapitre 24

"Le Roi le maria à sa fille unique, Drifa" : Plus tôt dans la Saga on nous dit pourtant que le Roi avait deux filles !

Chapitre 25

"…attendait là de voir de quoi était fait cet Adils !" : Sur les raisons réelles de la rencontre entre Hrolf et Adils, les différentes sources ne s'accordent pas réellement…

Chapitre 26

"Hrani" : Sans aucun doute une forme du Dieu Odin…

Chapitre 27

"Chevaliers" : le terme de Chevaliers ou Guerriers-Chevaliers semble ici avoir été importé du style littéraire d'Europe centrale.

Chapitre 28

Kraki : (Piquet ou perche ?) Ce terme étrange et unique est âprement discuté sur ses origines Suédoises par les versions de Grammaticus ou Snorri quant à son sens réel… la Saga des Skjoldens, elle, le traduit par "Corbeau des Mers", qui il me semble est un Kenning bien plus évocateur et noble pour désigner Hrolf !
Gram (Warthful) : Un loup (ou Chien-loup) gigantesque qui est aussi une épée dans la Saga des Volsungs. Pensons aussi au "Wrag" qui est un dérivatif des plus probables….
"Sanglier" : Le Sanglier a toujours été une figure très importante pour les Suédois le vénérant comme animal de Freyr et lui rendant grâce comme l'a prouvé des heaumes trouvés à Sutton Hoo et Vendel.

Chapitre 29

Sviagriss : "Porc des Suédois" ! Les Sviagriss étaient des anneaux claniques et ici il est désigné comme unique par ce nom…

Chapitre 30

« anneau d’or brillant » : Cet épisode est relaté par Snorri Sturluson comme le « grain de Hrolf » ou « le grain des Plaines de Fyris » qui sont des Kennings pour l’or.
« esprit malfaisant » : Il est dit ici que le transcripteur désira ici diminuer l’influence d’Odin par son obédience Chrétienne… mais on peut en douter, Odin étant souvent manipulateur ou malfaisant.


Sagas et Prophéties
Terres Voisines

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