Jotuns

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Les Géants dans le Hof

Les Géants ou Jotuns (Géants) sont la personnification des montagnes escarpées, des nuages et de la tempête. Les abîmes et les rochers furent formés par des Géants marchant trop lourdement sur le sol à l'aube des temps. Vivant dans le froid, le gel et le brouillard, les géants de la glace étaient pétrifiés par le Soleil.

Pour être plus précis, on peut avancer que les Géants se composent de trois familles principales. On trouve les Jotuns donc, incarnations des Eléments (terre, boue, air, feu, eau), les Thurses (ou Hrimthurs) qui sont les plus terribles et cruels car fait de froid, de glace et de givre, puis enfin les Trolls, moins intelligents mais d’une force sans égale.
Les Thurs sont les ennemis éternels des Dieux, eux qui vivent au côté d’Asgard dans leur royaume de Jotunheim.

L'origine des Géants

Les premiers géants furent Ymir (qui est aussi le premier être vivant) suivi de Buri et de Bestla.
Ils sont possesseurs de la connaissance, de la magie mais aussi de la brutalité et du gigantisme. Ils personnifient les cataclysmes ayant créé le monde (les éruptions volcanique, les ouragans, le gel, les incendies et les tremblements de terre, etc.) mais aussi les Eléments le composant (le corps du Géant Ymir fut utilisé comme matière première du monde).
Mais les Géants sont avant tout les parents des Dieux: Odin, Vili et Ve, et par conséquent les ancêtres de tout êtres vivants. Il arrive même que les Dieux et les Géants s'entraident (la construction d'Asgard), s'aiment (Frey et Gerd) ou soient amis.
Au Ragnarök, Loki trahira les siens en devenant le chef des Géants et en partant à la conquête d'Asgard.

Généralités

Il serait bien trop long ici de conter toutes les aventures du Hof mettant en scène ces Géants.
Toutefois s’ils sont parfois sages, parfois cruels, il faut y voir là la métaphore qu’ils incarnent, c'est-à-dire les Eléments dont ils personnifient la calme et la tempête sous toutes leurs formes…



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Il est des lieux primales qui lorsqu’on en franchi les frontières vous font passer le seuil du merveilleux.
Ainsi en est-il des sommets montagneux encore vierges, domaines des Dieux. Ainsi en est-il des abysses insondés des mers et océans, des cavernes les plus enfouies au sein des entrailles de la Terre-Mère ou des oasis perdus, introuvables et illusoires, des plus vastes déserts.
Mais ces lieux ont aussi parfois des gardes aussi séculaires qu’eux. Consciences primaires, il arrive même que ceux-ci y soient damnés ou rejetés dans des cloîtres évités par tous…
La colère de ces êtres est-elle discernable dans la tempête foudroyant les égarés ? Leur haine est-elle la cause de la vague meurtrière emportant les pauvres marins ? Le gel soudain qui emprisonne l’attardé dans sa gangue éternelle est-elle l’une de leur manifestation ?
La petite cueilleuse de fruit se promenant dans ces merveilleux bois fruitiers avait-elle conscience de tout cela ? Quoi qu’elle sache ou non, elle avait franchi le cœur de la forêt primaire… mais là où ses pas la portaient dans l’insouciance, elle s’approchait de la partie la plus malade de cette pulsation chtonienne et Elémentaire !

La forêt, déjà sombre et si déserte, devint brusquement inquiétante, inextricable, nauséabonde, les branches s’enchevêtrant et se cognant sous des vents mauvais, seuls capables d’en franchir les feuillages. Les arbres semblèrent pris de soubresauts hostiles et les nervures de leurs écorces se creusèrent tant que leurs aspérités devinrent autant de pics acérés et tranchants ! La cueilleuse jeta quelques coups d’oeils instinctifs et inquiets puis se dirigea vers une petite pommeraie recherchée.
Mais leurs pommes n’étaient plus que fruits violacés, un suc semblable à du pus en dégouttant tel un venin acide et sulfureux. Les feuilles jonchant le sol n’étaient elles plus qu’un compost marécageux, un bourbier pestilentiel suppurant un air maléfique et dangereux…

Soudain le sol spongieux s’agita comme si les racines de la terre même voulaient s’en extraire. Un vent trop brusquement glacial fit tournoyer juste au-dessus du bourbier toutes les feuilles mortes et les branches pourries jonchant auparavant le sol. Les murmures des airs devinrent feulement et chuintement repoussants accompagnés bientôt de l’entrechoquement des mottes de terre, des feuilles et des branches se brisant les unes contre les autres. Cela forma un entrelacs de débris de plus en plus épais qui sembla être mue de respirations propres !
Alors, tel un charnier enfoui qui se serait animé dans une colère haineuse et terrible, se dégagea de cette masse impure une créature infernale. Cela ressemblait plus à un monticule qu’à un être mais les mouvements s’articulaient toutefois même ainsi désordonnés et grotesque. C’était ancien, ça provenait des profondeurs de la terre et des ères, cela sentait une odeur venue d’âge non moins antiques. Cela n’existait pas mais c’était d’une présence effroyable, une présence implacable, mugissante, sans mesures et capable d’emporter les esprits les plus sains.
Ce n’était là que de la boue, des végétaux, du bois, des pierres et des vents mais c’était là les Eléments créateurs de la vie… pourtant ce qui les animaient en cet instant et en cette entité était là la volonté d’un esprit sombre, bestial, primaire et sans contrôle.

Dans un cri déchirant et sans prévenir, la chose déracina l’un des pommiers porteur de tant d’espérances et plongea la présence ressentie de ce qui lui servait de regard, bien qu’il soit sans vie et désespérant, dans celui de la petite femme à ses pieds !
Alors…
Alors partout de tels phénomènes non pas surnaturels mais bien naturels se créèrent dans la forêt. Certaines de ces créatures n’étaient faites que de rochers concassés entre-eux, d’autres n’étaient qu’écorces de bois balafrées, malmenées et déchirées. D’autres ne semblaient constituées que de Vents mugissants ou de nuages de pluie dégouttante, de grêle ou de flocons de neige. D’une taille ramassée à celle d’une colline, c’était sans aucun doute ici le lieu du champ de bataille où tous s’affronteraient au gré des mystères animant la Nature.

Mais déjà la petite cueilleuse était loin d’eux, courrant à perdre haleine loin de leur démence…

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