La Route de L Ambre
1122.jpg

La Route de l’Ambre
Cette fameuse route légendaire et mythique n’évoque que peu à l’imaginaire historique et bien moins que celle de la « Soie » universellement plus connue. Et pourtant, oui pourtant, cette Route de l’Ambre existait en Europe !

Présentation

(Pour ce qui est de l’Ambre se reporter à l’article susnommé)
Si on connaît la Route de l’Ambre, il est possible que les Germains la nommaient « Route du Glesum », que les Romains la désignèrent comme la « Route du Succin » et les Grecs, la « Route de l’Elektron » (à ne pas confondre avec l’Electrum).
En fait toutes ces désignations sont des synonymes désignant l’Ambre.

Mais comme les Germains l’ayant fondée puis empruntée pour y faire commerce, elle semble s’être égarée à son tour dans l’Histoire. Et pourtant elle est la preuve du troc et des échanges entre ethnies et civilisations antiques. Elle délimite également les contours du royaume de Germanie démontrant les anciennes rencontres entre les Celtes, les Romains, les Slaves, les Baltes et jusqu’aux Grecs d’avec les Germains et Scandinaves.
Enfin elle est également une route mythologique car elle suit les Limes du monde d’alors, elle porte les pas de ceux qui y résidaient et elle est une métaphore de la quête de l’Or des Germains dont l’Ambre en est le symbole… mais il est temps d’aller l’explorer à notre tour :

Les premières sentes

Comme on l’a vu, la Route de l’Ambre est devenue une des voies commerciales les plus importantes de l’Antiquité. Pourtant, avant de connaître son apogée, elles n’étaient que petites sentes misent bout à bout.
L’Ambre était la pierre la plus sacrée des Germains, nul doute que les peuples la récoltant à partir des résineux et ceux auprès des grèves des eaux du Nord l’ont ainsi commercé par l’intermédiaire de commerçants-voyageurs. Des sentes durent exister entre les Clans, les peuples, les régions puis les communautés et peu à peu les relais et lieu de troc se relièrent les uns aux autres dessinant ainsi la route.
Mais c’est l’intérêt sans mesure des Grecs, et avant eux des Egyptiens, puis des Romains qui développèrent cette grande route commerciale.

Outre le maillage de ses sentes devant traverser la Germanie antique de part en part, c’est donc une route principale qui vint suivre les grands fleuves de cette partie du continent, le Rhin, l’Elbe, la Vistule, le Danube et le bord des mers du Nord, Noire ou Méditerranée. Toutes ces voies fluviales et terrestres délimitent ainsi la Route de l’Ambre (qui se superposera d’ailleurs avec les Limes entre les Romains et les Germains…).

Les relais ou comptoirs de l’Ambre

La présence de lieux d’échanges et de commerces est évidemment difficile à cartographier précisément mais la trace d’Ambre travaillée dans des tombes ou dans de tels endroits aide à localiser celle-ci. Ainsi on en trouve dans l’Europe entière de l’Angleterre à l’Espagne, de l’Italie à la Grèce, de la Bulgarie aux pays Baltes, etc.
Mais c’est évidemment le long des Limes, des principales frontières de la Germanie et des points de jonction des plus grands fleuves et régions qu’on trouve les comptoirs de l’Ambre. Oh ceux-ci ne devaient rien avoir de très élaborés et ne rassemblaient certainement que quelques marchands nomades dans des foires itinérantes. Evidemment les navires fluviaux chargés d’Ambre ont du faire fleurir également quelques accès portuaires.

Les Routes de l’Ambre

Avant de présenter une carte hypothétique de ces routes, on doit s’intéresser d’abord au merveilleux voyage de Pythéas.

Pythéas l'explorateur

Pythéas fut selon les écrits et les historiens antique un fameux explorateur du monde, alors peu connu au-delà du cercle méditerranéen. Quoi qu’il en soit cette antique "Marseillais" (Massalia à l’époque) entreprit aux alentours de l’An 330 BCE un périple étonnant le menant aux frontières les plus ultimes de l’Europe du Nord. Ainsi on lui attribue les premières cartographies légendaires de l’Ultima Thulé et les témoignages de ses rencontres avec les premières tribus Germaniques !
Mais c’est surtout son contact avec l’Ambre sur les premières sentes et points de rencontres marchands qui donne ainsi la première preuve de cette fameuse Route de l’Ambre… toutefois ce brillant savant et voyageur fut parfois traité de menteurs même si nombre de ses récits et découvertes (rotation de la Terre, hypothèse de sa forme ronde, etc.) furent attestés par la suite. Dans tous les cas pour ce qui nous concerne il donne une version de cette Route de l’Ambre et de ceux la fréquentant, les Germains !

Les Routes fluviales

Avant de s’intéresser à la Route de l’Ambre en tant que telle, il est bon de s’attarder sur les Fleuves principales où l’Ambre fut transportée, acheminée et troquée. On s’aperçoit comme on l’a déjà dit que ces fleuves délimitaient à la fois la Germanie mais aussi les peuples d’alors qui y vivaient entre leurs affluents et confluents.
Dans la mythologie Germanique et le Hof on trouve les fleuves mythiques portant le nom des Elivagar. S’ils représentent nombres fleuves, on en attribuait douze à l’origine et liberté a été pris sur la base de ce modèle pour dégager douze fleuves d’Europe coïncidant avec ceux empruntés, traversés ou longés par la Route de l’Ambre.
Dans l’ordre de leur importance contextuel (les 5 derniers étant des affluents secondaires que l’on peut insérer dans cette liste au gré de l’importance historique) :

(ces trois derniers fleuves trés connus en France et en Allemagne actuelle ont pu être utlisés comme voies commerciales pour le marchandage de l'Ambre bien que cette partie de la Germanie est été tumultueuse selon le contexte des premiers sicèles. Toutefois on peut les citer comme probables voies fluviales empruntées par les commerçants Germains.)

Cartographie de la Route de l'Ambre

Ci-dessous on trouve la carte probable et hypothétique de la Route de l'Ambre et de ces principales voies fluviales ou terrestres ainsi que ses axes secondaires. Evidemment on ne peut que supputer grossièrement son tracé mais pour le peu de sources disponibles sur ce sujet on peut à peu près ainsi s'imaginer son parcours, faute de précisions ou de lieux historiques avérés…

La Route de l'Ambre


web_co11.jpg

Route en pourpre : La Route de l'Ambre
Routes en rouge : Les Routes commerciales fluviales et internes probables de la Route de l'Ambre
Routes en bleues : Les Routes maritimes, externes ou prolongées du troc de la Route de l'Ambre

Conclusion

On peut voir par le tracé de cette carte que la Route de l’Ambre parcourait une large partie de l’Europe et évidemment de toute la Germanie.
Peut-être n’a-t-elle pas eu l’aura, la célébrité ou la poésie de celle de la « Soie » mais elle n’en demeure pas moins semblable par bien des points. L’échange en est tout autant le véritable « Or », celui commercial certes mais aussi culturel et même spirituel. Ainsi tout comme la soie fut le symbole de la dite « Route de la Soie », l’Ambre y joua le même rôle sur celle de l’Ambre.

Involontairement mais plus probablement interdépendamment, la Route de l’Ambre a formé une sorte de « Limes » des frontières changeantes de la Germanie durant quelques siècles. Elle dut être une route d’explorations incroyables, de rencontres de peuples inconnus, de dangers aussi, de batailles et de témoignages historiques… bref une fantastique aventure humaine.
Ainsi si elle reste énigmatique et inconnue, il est nécessaire, faute de pouvoir la parcourir réellement, d’au moins en suivre son tracé imaginaire dans nos mémoires…

En savoir plus


Lieux Historiques

Source images : Site

Unless otherwise stated, the content of this page is licensed under Creative Commons Attribution-ShareAlike 3.0 License