Modgud

Modgud, (dont la signification difficile semble mêler les idées de combat, de fureur mais aussi de salive ou d’eau), est le nom donné à la gardienne, présentée comme une jeune fille vierge, qui veille sur le pont de la rivière Gioll. Ce pont est le seul passage menant au royaume de Hel, ce qui en fait le « Chemin de Hel », c'est à dire le passage vers l’au-delà.
Le pont est entièrement recouvert d’or. C’est dans l’épisode de la mort de Balder que l’on prend connaissance de Modgud.

Extrait de nouvelle

L’Helvegr était le chemin des Morts qui menaient aux lieux de sépultures pour les vivants et au royaume de Hel, gardienne des morts, pour les trépassés. Et de gardienne il fut question quand, empruntant le pont, il aperçut une femme de l’autre côté lui tournant toutefois le dos !
- Qui est-tu ? Lui susurra d’une voix étouffée l’être se détournant toujours de lui.
- Aucune importance ! Tourne-tu donc ainsi toujours le dos à celui qui passe par ce gué ? Et puis qu’importe de toute façon, je n’ai pas le temps de me perdre en palabres…
- Quel empressement ! Si je ne me tourne vers toi, mortel, c’est pour te prévenir qu’une fois parvenu devant moi, jamais plus tu ne pourras repasser à mes côtés… là où tu te rends nul n’en revient, pas même les Dieux, comme je l’avais dit à Hermod le preux, en son temps.
Il connaissait cette légende d’Hermod ayant chevauché jusqu’aux enfers pour réclamer que Hel lui rende son frère. Il avait échoué !
Cela ne le découragea pas et voilà notre homme déjà à hauteur de la gardienne.
- Modgud je me nomme, Modgud la furieuse, et je t’assure que nul ne peut passer outre ma vigie, toi, pas plus que celle dont tu cherches la trace. Et je n'en éprouve rien d’autre, crois-moi, rien d’autre que de la tristesse. Je suis même prête à t’offrir tout l’or de Gjallarbru et jusqu’à ma virginité si cela peut apaiser tes souffrances et te faire renoncer à l’indicible !

Il la contourna pourtant puis la fixa soudain, les yeux dans les yeux !
Eut-il un mouvement de recul ? Peut-être imperceptiblement, peut-être. Il faut dire que le regard de Modgud était immaculé, ses pupilles blanches se fondant sur un œil tout aussi embué de glace ! Elle était jeune, belle aussi, mais sa bouche écumait d’une salive épaisse et continue. Vêtue d’une longue robe de couleur neige, aucune chaleur ne semblait animer son corps rigide et inerte.
- Je te l’ai dit pourtant. Aucune tentation ne peut donner vie à mon cœur que j’ai percé moi-même du plus froid des aciers. Je ne cherche pas à déjouer la mort ni à revenir d’où je viens… je me rends seulement là où est attirée celle que j’aime et dont je porte la destinée !
Nos routes ne se croiseront plus !
Il fut ainsi dit et Modgud n’y trouva rien à dire. Etait-ce une larme ou un cristal de glace qui se détacha sur sa joue quand elle suivit du regard cet étrange homme ? Qui aurait su le dire…

Extrait de la Nouvelle L'Assassin de Hel sur Sagas…


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