Tenctères

Les Tenctères parmi Les Trente :

Dans l’imaginaire véhiculé sur les Germains, les Loups, leurs meutes et leur soif de liberté sont souvent la métaphore animale la plus répandu comme analogie. Et il est vrai que l’Histoire de ces Clans et de ces nobles « bêtes » est très proche par bien des aspects. Mais ce serait omettre l’importance du Cheval dans le mythe de ces êtres.
Avec les Tenctères, les « Hommes-Chevaux » ou « Centaures-Germains », c’est la Liberté, valeur sublimée par tous les Frères, qui est ainsi domptée… cheveux et crinières aux vents, perçant de leurs chevauchées sauvages les brumes du Rhin !

Les Tenctères

(Les Centaures du Rhin)


Les Tenctères, Germains Antiques, demeurent méconnus dans l’Histoire des peuples de cette civilisation. Toutefois il est assez aisé d’imaginer leurs motivations principalement basées sur la sacralisation du Cheval et leurs mœurs proches de leurs Frères alliés, les Usipiens, les Ampsivariens, les Sicambres et les Chattes dont ils partagent des valeurs fortes.
Pour ce qui est de leur faculté à guerroyer, il est dit qu’ils ont la même puissance et force que l’infanterie de ces derniers mais avec leur cavalerie ! Il est même évoqué leur science de la chose équestre.
En sus le Cheval est dés le plus jeune âge un familier de tous. Les enfants jouent avec, les jeunes adultes y éprouvent leur force, les hommes en font leur arme de guerre et les plus vieux les soignent et s’en servent pour soulager leur déplacement…
On voit donc que ce Clan est celui du Cheval, celui de la liberté qu’il offre, des pouvoirs chamaniques qu’ils véhiculent et de la philosophie de la relation duale qu’il inspire. Enfin leur proximité avec les Chattes et leur similitude pour l’intelligence de leur stratégie de combat impliquait sans doute une même discipline et un honneur recherché.

On peut en outre penser qu’un système complexe de coutumes liées aux chevaux prenait place dans leurs us.
D’ailleurs une coutume connue était celle que les chevaux au même titre que les autres biens et même les esclaves étaient remis comme succession aux enfants des anciens maîtres. Cependant pour les chevaux même, l’aîné n’en était pas favorisé car le plus méritant et glorieux de la famille en avait alors lui seul le privilège !

Chroniques Tenctères

-55 : Apparaissent dans l’Histoire lors de la conquête Rhénane de César.
-16 : La V° Légion est détruite par des Sicambres auxquels étaient associés des Tenctères.

Le peuple Tenctères composé de cavaliers émérites et fiers, sans nul doute féroces aux combats et intransigeants, aura toutefois de toute évidence préféré leur liberté équestre qu’à toute autre destinée. Leur royaume même n’était qu’un petit pays le long du Rhin s’étendant entre celui des Chattes et des Bructères. On peut donc penser qu’il était assez fluctuant et qu’il excluait les massifs et surtout les forêts, les Tenctères devant préférer les landes et terres dégagées pour permettre à leurs chevaux d’en parcourir l’étendue…

La chevauchée sauvage des Tenctères


L’Histoire des Tenctères prend existence d’abord dans leurs migrations communes avec les autres Germains Rhénans mais officiellement quand César aux environs de l’An –55 en fait part.
Il les associe aussitôt avec les Usipiens, peut-être plus Celtique, ce qui donnerait une idée plus juste du brassage de population avec les Tenctères. En outre une lutte importante les confronta aux Suèves, cause de leur implantation dans leurs frontières assez réduites.
On sait que les Tenctères défendront en revanche leur liberté plus que tout et qu’à une époque les Usipiens en furent séparés pour des raisons inconnues subissant seuls le joug Romain.

Ainsi les Tenctères traverseront comme une de leur chevauchée 4 siècles sans qu’on n’en est malheureusement traces… à la fin du III° Siècle ils semblent qu’ils franchissent le Rhin puis se confondent peut-être avec les Francs.
Demeure toutefois l’un de leur fait d’armes les plus frappants rapportés par César.

Ainsi César loue, dès sa connaissance de ce peuple, la stratégie équestre incroyable de ces cavaliers. Sans qu’on en sache beaucoup on apprend par l’Empereur que la force équestre des Tenctères permis à 800 de leurs cavaliers de mettre en déroute 5 000 cavaliers Romains !

Nous n’avons pas de description de ce haut fait d’arme mais il en demeure des plus étonnants…

Le Peuple-Cheval


Voilà tout ce que l’on sait de ses « Hommes-Chevaux », semblables aux légendaires Centaures qui n’auraient été qu’un peuple ne vivant quasiment qu’à cheval et donc à l’origine de leur légende.
En tout cas la philosophie de vie Tenctères mettait forcément la liberté au premier plan, une valeur déjà ancrée dans le cœur de chaque Germain. Avec cette valeur, c’est tout l’imaginaire équin qui peut ainsi leur être associé : Bestialité, Sauvagerie, Fougue mais aussi Orgueil, Fierté, Loyauté et Intransigeance. Et sans doute une certaine indifférence aux événements les entourant, épousant également une vie nomade, d’explorations et d’aventures.

On a enfin une vision de ce caractère intransigeant face aux Agrippiniens (les Ubiens) qui complotèrent d’ailleurs et firent œuvre de traîtrise préférant perdre leur liberté pour s’allier avec Rome…
Voici ce qu’en dit Tacite dans ses « Histoires » :

"Les Tenctères, nation séparée de la colonie par le Rhin, envoyèrent des députés au conseil public des Agrippiniens, avec des instructions que le plus violent d'entre eux exposa de cette manière : "Puisque vous êtes revenus à la patrie germanique et au nom de vos pères, nous en rendons grâces à nos dieux communs et au dieu Mars avant tous les autres, et nous vous félicitons de ce qu'enfin vous serez libres au milieu d'hommes libres. Jusqu'à ce jour, les Romains nous fermaient les fleuves, la terre, je dirai presque le ciel même, afin d'empêcher nos communications et nos entretiens ; ou (ce qui est un outrage plus sensible à des hommes nés pour les armes) ce n'était que désarmés, presque nus, sous l’œil d'un surveillant et à prix d'or, qu'il nous était permis de nous réunir. Mais, pour que notre amitié et notre alliance soient durables à jamais, nous exigeons que vous abattiez ces murailles, boulevard de la servitude ; l'animal même le plus féroce, longtemps enfermé, oublie son courage. Massacrez tout ce qu'il y a de Romains sur votre territoire : la liberté et des maîtres ne s'allient pas facilement ensemble. Eux tués, que leurs biens soient mis en commun, afin que personne n'en puisse recéler aucune partie, ni séparer sa cause de la cause publique. Qu'il soit permis et à nous et à vous d'habiter, comme faisait nos ancêtres, sur l'une ou l’autre rive : si la nature a donné la lumière et le jour à tous les hommes, elle a ouvert aux braves toutes les terres. Reprenez les usages et les mœurs de vos aïeux ; rompez avec ces plaisirs qui secondent plus puissamment que les armes la domination romaine. Alors, peuple épuré et régénéré, oubliant les jours de l'esclavage, vous n'aurez autour de vous que des égaux, peut-être des sujets."


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