Völuspà

Le Dit de la Voyante ou "Prophétie de la Sybille"

Il s'agit d'un poème présentant faisant partie de l'Edda Poétique et d'auteur inconnu.

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Traces

La Völuspá nous est connue par le Codex Regius (ca. 1270), le Hauksbók de Haukr Erlendsson, et les nombreuses citations qui en sont issues dans l'Edda en prose de Snorri Sturluson.

Résumé

Le poème commence lorsque la Völva prie pour la paix de la famille d'Heimdall (les humains), et annonce qu'elle va chanter les grandes actions d'Alfadir. Sa mémoire remonte aux temps les plus anciens, quand les Jotes étaient encore sur Terre.
Elle débute son récit par la création du monde, depuis le vide primordial de Ginnungagap à l'arrivée des fils de Buri, comment ceux-ci mirent en forme l'univers et le cycle du jour et de la nuit.
S'ensuit l'âge d'or des Ases, où ils vivaient heureux et construisaient les plus belles des demeures, puis vinrent des glaces de Jötunheimar, trois géantes, et l'âge d'or s'acheva.
Les Ases créèrent les Nains, et de ceux-là les plus puissants étaient Mótsognir et Durin. S'ensuit le Dvergatal, qui énumère les noms des Nains.
Vint le moment de la création des premiers hommes, Ask et Embla, à qui Odin accorda une âme, la science (Hoener), la vie (Lother) et le doux sourire.
S'ensuit une description de l'Yggdrasil et la présentation des Nornes, maîtresses du Wyrd.
La prêtresse continue en se souvenant de la première lutte du monde et de la lutte entre Ases et Vanes.
La Völva enchaîne par la révélation des secrets d'Odin et des sacrifices qu'il fit pour obtenir sagesse, pouvoir et préscience, avant d'attaquer l'histoire du meurtre de Balder et ses répercussions.
Arrive le récit du Ragnarök, la fin des dieux et le renouveau du monde, où Balder, revenu du royaume d'Helheim, règnera en maître.

La Prophétie

Nous présentons donc ici l'entière prophétie de la Völuspà. Elles sont d'ailleurs évoquées dans ce poème.
Toutefois, dans un souci d'expurger l'influence du christianisme ayant déformé plusieurs strophes, et pour une meilleure fluidité et logique, liberté a été prise d'imager par des
Kennings ou des Heïtis certains noms propres ou expressions. Mais bien sûr, pour rester le plus possible fidèle au texte, les (*) renverront à l'explication historique de la Völuspà.

Une autre version, traduite à partir des mêmes sources, est disponible ici: Völuspà, traduction alternative.

La Saga

1
Les hommes m'appellent Volva* quand je visite leurs maisons,
Une prophétesse, sage dans ses Galdrs,
Invocatrice et maîtresse du Seidr*.
Les femmes malicieuses* me souhaitent toujours bienvenue.
2
Des anneaux, des bracelets et des colliers, je fais don
Pour apprendre le savoir, pour apprendre la sagesse runique, le Seidr :
De plus en plus vastes dès lors est ma vision par-delà les Mondes.
3
Dehors, je m'étais assise quand vinrent les Hommes*,
La Terreur des Dieux, et ils fixèrent mon regard.
Que demandent-ils ? Pourquoi me tentent-ils ?
Je sais où sont dissimulé leurs mémoires
Bien cachées dans le puits de Mimir*
Mimir qui chaque matin ondule des pleurs des Nornes*.
Et bien que veux-tu savoir de plus ?*
4
Je connais le secret des gués*
Cachés sous l'arbre sacré,
Au bas, se déverse un cours d'eau précieux,*
Là où flotte l'œil qui voit tout*.
5
Silence, je demande au peuple sacré,
Silence aux parents, nobles et plus humbles, des Ases*
A la demande de leurs aïeux*, je vais relater
Les vieux Galdrs aux hommes dont je me souviens.
6
Je parle des Eléments* à l'aube des temps oubliés.
Ceux-là qui me donnèrent la vie il y a bien longtemps :
Neuf Mondes je pouvais compter alors, neuf racines menant à l'arbre,
L'Arbre* merveilleux, loin sous la terre.
7
Quand la Terre* seule vivait il y a longtemps
Il n'y avait ni sable, ni mer, ni vagues houleuses.
Nul part n'était la lumière, ni le ciel au-dessus.
Seulement un grand fossé béant* et pas d'herbes.
8
Alors Ses fils* bâtirent les royaumes,
Modelant magnifiquement Midgard, la Terre du Milieu :
Le Soleil du Sudri réchauffant les pierres de cette halle,
Alors du sol poussa l'herbe douce et verte*.
9
Soleil* venue elle aussi du Sudri, accompagnée de Lune*,
Posa son bras droit sur le bord du ciel :
Elle ne savait pas quel était son siège,
Son frère ne savait pas qu'elle était sa force.
Les étoiles ne savaient pas quelles places elles avaient,
10
Alors, ensemble, tous les Ases se réunirent au Thing,
Eux les maîtres, dans leur halle de jugement :
Ils nommèrent la Nuit et la Nouvelle Lune,
Ils nommèrent l'Aube et le Crépuscule,
Le Matin et le Jour,
Le Solstice d'Hiver, le Solstice d'Eté et les saisons pour établir le temps.
11
A Earendel se rencontrèrent les Eléments tous puissants nous modelant* ;
Des autels et des temples furent érigés dans leur sanctuaire.
Les Dvergrs* y creusèrent les premières forges pour façonner les Sviagriss d'or*,
Aux marteaux, pinces et enclumes, ils donnèrent forme, et les outils, ils créèrent ;
12
Les Hommes jouèrent alors aux Echecs* dans la cour et ils étaient heureux,
Ils ne manquaient pas d'or brillant,
Jusqu'à ce qu'arrivent les Trois Vents*,
Terribles dans leur force, venant de Jotunheim.
13
Alors, ensemble, les Ases se réunirent au Thing*,
Eux les maîtres, dans leur halle de jugement :
La lumière devait être préservée,
Avant qu'elle ne s'estompe sous le souffle du changement.*
13Bis
Alors, ensemble les Ases se réunirent en conseil,
Eux les maîtres, dans leur halle de jugement :
Qui les Dvergrs allaient-ils créer,
Par le sang de la terre* et les os de ses rejetons* ?
14
Motsognir se leva, leur chef tout-puissant,
Le plus grand des Nains, et Durin après lui :
Ils modelèrent plusieurs formes à leurs images bien que plus grandes
Avec la boue* comme Durin leur avait demandé.
15
Nyi et Nidi, Nordri et Surdri,
Austri et Vestr, Althjof, Dvalin,
Nar et Nain, Nipîng, Dain,
Bifur, Bafur, Bombur, Nori,
An et Anar, Ai, Mjodvitnir.
16
Veig et Gandalf, Vindalf, Thrain,
Thekk et Thorin, Thror, Vit et Lit,
Nar et Regin, Nyrad et Radsvith ;
Maintenant sont nommés les lignées des Nains
17
Fili, Kili, Fundi,, Nali,
Frar, Hornbori, Fraeg et Loni,
Aurvang, Jari, Eikinskjaldi.
18
Les Hommes ainsi nés devraient se souvenir des compagnons de Dvalin,
Ayant déjà vécus du temps de Lofar.
Eux qui laissèrent les pierres de leurs anciennes demeures
Pour rejoindre des terres humides et des plaines sableuses.
19
Il y avait Drapunir et Dolgthrasir,
Har et Haugspori, Hlevang, Gloï,
Skirvir, Virvir, Skavidr, Ai,
Alf et Yngvi,
20
Fjalar et Frosti, Finn et Ginnar.
Aussi les Hommes devraient se souvenir tant qu'ils vivraient
De la longue lignée de leurs descendants.
21
Alors vinrent trois Ases glorieux et puissants,
Les Trois Rois-Ases de la demeure d'Earendel :
De la poussière céleste ils créèrent l'âme des Mokkuralfar Dvergrs*,
Dotés de peu de force et alors sans destin.
22
Ils ne possédaient pas de sens, pas de sang, n'avaient pas le souffle sacré*,
N'avaient pas de langages, ni la couleur de la vie ;
Le souffle vital, leur donna l'un*, le sens, leur donna l'autre*,
Le sang et les couleurs de la vie, leur donna le dernier*.
23
Je connais l'Arbre-Monde, nommé Yggdrasil,
Le grand bois perlant de rosée blanche ;
De là, viennent les flots des Neuf Mondes
Alimentés par la source d'Urd, sur des plaines toujours vertes.
24
Se tiennent près de cette source froide,
Dans un lit d'algues d'où elles proviennent*,
Les sages vierges du Wyrd, Urd la première,
Skuld la seconde, qui écrit les Runes,
Et Vervandi, la troisième des Nornes :
Les lois qui déterminent la vie des mortels,
Elles fixent pour toujours, et scellent leur destin sur les Runes.
25
La première Guerre dans ce monde, je me rappelle pourtant également !
Transperçant (brisant leurs vœux de paix) la Vane qui maudie et rend fou* avec leurs lances,
Les Ases la brûlèrent dans la halle de Har*.
Trois fois ils la brûlèrent, chaque fois la chose revint à la vie,
Bientôt alors ils la laissèrent; et à cette heure, elle vit toujours.
26
Alors, ensemble, les derniers Ases se réunirent au Thing,
Eux les maîtres, dans leur halle de jugement :
Est-ce que les Ases devraient payer un si lourd tribut pour le Wehrgeld*,
Où devraient-ils tous se retrouver dans cette Guerre ?
27
Mais déjà il était trop tard,
Dans la première grande bataille de ce monde ;
La Lance* fut jetée au-dessus des armées brisant le Rempart*,
Déchirant alors le coeur du Royaume d'Asgard,
Les fiers Vanes y apportant la Guerre.
28
Alors, ensemble, les Ases se réunirent au Thing,
Eux les maîtres, dans leur salle de jugement :
Qui avait sali l'air de trahison,
Et avait offert l'illusion de l'immortalité aux Hommes* ?
29
Là, vint la grande colère, obscurcissant la sagesse,
Sous la forme d'un terrible marteau*.
Les serments en furent rompus, les vœux et Varars* oubliées,
Des accords solennels furent passés entre les ennemis.
30
Je vis alors les peurs* venir dans le lointain,
Dans une chevauchée sauvage vers le monde des Hommes :
Skuld a son bouclier, Skogul de même,
Gunn, Hild, Gondul et Geirskogull :
Dûment, j'ai nommé les vierges démones Valkyrja*,
Prêtes à vaillamment chevaucher au-dessus des rouges champs de batailles.
31
J'ai vu Baldr, l'Ase béni,
Le plus cher des fils d'Odin, dont le destin funeste est caché :
Haut sur la plaine, une plante se dressait,
Très fine et très belle,
Une branche de gui.
32
La jeune branche mince est devenue
Une flèche fatale quand Hödr la lança ;
Mais le frère de Baldr naquit en une nuit,
Prêt à venger bientôt le meurtre du fils d'Odin.
33
Il ne lava plus ses mains, ni ne peigna plus ses cheveux
Tant que l'assassin de Baldr ne fut envoyé brûler à Helheim ;
Mais Frigg pleura à Fensalir
Ce malheur au sein de la halle des Occis*.
34
Lié au sein d'une antre aux sources chaudes
Voilà celui ressemblant à l'Ase malfaisant,
Sa fureur y gronde remplissant de tristesse sa maîtresse* pansant ses brûlures*
Assise ainsi prés de sa moitié enchaînée.
35
Là-bas, à l'Austri, coule dans ses vallées empoisonnées,
La rivière Slith, emplie d'épées et de couteaux.
36
Y traversent ses courants rapides aux flots tumultueux,
Les Hommes lâches, malades ou meurtriers,
Aussi ceux qui trahissent et séduisent les femmes déjà aimées ;
Ici, la Vouivre* ronge le sang et les os des damnés,
Ici, le Loup déchire les Hommes.
37
Là, au Nordri, dans les sombres plaines de Nitha,
Il y a la demeure des aïeux de Sindri, le maître de l'or forgé ;
Celle où fut dressé le banquet de Bragi, près d'Okolnir,
Non loin de Brimir, là où est brassé le breuvage des Scaldes*.
38
Je vois un palais, très loin du Soleil,
Sur le rivage de Na Strand ; tournées vers le Nordri sont ses portes ;
Du poison coule à travers ses huis,
Ses parois sont recouvertes de serpents entrelacés.
39
A l'Austri est assise la vieille femme, dans la Forêt de Fer*,
Ici est élevé le tourbillon des mauvais vents fécondants les monstres* ;
Un jour, la progéniture* de l'un d'entre eux, le pire de tous,
Dévorera le Soleil, et il aura l'apparence d'un Loup.
40
Il se nourrira de la chair des Hommes tombés,
Dont le sang souillera les sièges des Ases ;
La lumière du Soleil foncera dans les étés prochains.
Les orages apporteront le malheur ;
41
Jouant de sa harpe sur cette colline est assis,
Le joyeux garde à l'épée*, celui qui veille sur les Trolles*;
Au-dessus de lui, heureux dans son arbre,
Chante le coq rouge nommé Fjalar.
42
Chez les Ases chante Gullinkambi ;
Il réveille les Einherjars* qui demeurent avec Herjan ;
Un autre chante sous la terre
Dans le palais de Hel, de couleur rouge sombre.
43
Mais voici que j'entends la bête* aboyer de rage,
Là-bas, dans les profondeurs infernales,
La chaîne se rompra et le libérera,
Je vois maintes choses alors, bien loin dans le Destin :
Je vois venir le jugement des Ases* qui les châtiera.
44
Les frères batailleront entre eux jusqu'à une fin sanglante,
Et les fils de leurs soeurs souilleront leur honneur ;
Le malheur sera sur Terre, avec plus de gratuité,
L'âge des haches, l'âge des épées - brisés seront les boucliers
L'âge du vent, l'âge du Loup, avant que le monde ne s'écroule ;
La lance d'aucun Homme n'épargnera l'autre.
45
Les corbeaux* croassent, le présage de la chute s'annonçant
Une fois retentie la luisante et vieille corne du trépas*,
D'un souffle fort l'Ase Blanc* en jouera avec sa pointe vers le haut ;
Dans le sombre château*, l'horreur se répandra par ses sombres chemins.
46
Le grand arbre Yggdrasil tremblera,
Son vieux tronc gémissant,
Ses feuilles bruissant fort : alors les flammes géantes* seront délivrés.
47
Qu'en est-il des Ases ?
Qu'en est-il des Elfes ?
Dans le tumulte des Thurses, les Ases se rencontrent.
Aux portes de leur citadelle, les Sages Rois* gémissent
Dans leur forteresse qui tombe.
48
La menace* arrivera de l'Austri, son bouclier levé,
Le ver de Midgard* se tordra de rage,
Le Grand Serpent fouettera alors les vagues, saisi par cette fureur;
L'aigle* miaule et déchire les cadavres,
Le bateau du Royaume de la Mort s'est détaché.
49
Ce navire vient lui aussi de l'Austri,
Amenant les Géants du feu.
A sa proue c'est le barreur des ongles morts* qui ouvre les eaux ;
Les monstres, les alliés du Loup, des hordes sans esprits,
Tous avancent avec le frère de l'Ase Maléfique*
50
Le fléau des branches arrive du Sudri avec le feu dévorant,
L'épée de Hel* étincelle comme un Soleil ;
Les hautes collines vacillent, les rochers* s'ébranlent,
Les Hommes marcheront fiers vers le paradis de leurs espoirs**.
51
Alors un nouveau malheur peinera le cœur d'Hlin*,
Quand celui qu'elle aime* s'avancera pour combattre le Loup Fenrir,
Glorieux sera la lutte avec la Bête,
Pourtant périra le père des Ases.
52
S'avancera alors à grands pas le fils du Dieu défait*,
Combattant sans peur, il s'attaquera au Loup ;
Au coeur il touchera le fils du Mal*,
Le tuant d'un seul coup fatal, accomplissant là sa vengeance.
53
Vint alors le puissant détenteur de Mjöllnir ;
Baille l'hideux Serpent qui ceinture la Terre :
Lorsque l'Ase le plus fort de tous* s'avance à grands pas pour contenir le venin*.
54
Puissamment frappera le gardien de Midgard,
Effrayant les hommes fourbes fuyant alors le combat ;
Alors le tueur de Géants tombera neuf pieds en arrière,
Mort par le sang acide du Ver mais sans crainte pour sa gloire…
55
Sous la mer, la terre coule, le soleil s'obscurcit,
Des cieux tombent les belles et brillantes étoiles ;
Jaillissent la vapeur et le feu dévorant,
Jusqu'au plus haut des cieux, montent les immenses flammes.
56
Je vois du vert maintenant et des choses qui poussent
La terre se soulève de nouveau sous la mer ;
Des torrents de pluie tombent, au-dessus vole l'aigle,
Sur des montagnes enneigées, il cherche des poissons.
57
De nouveau, les Ases se rencontreront, sur les plaines d'Idavold,
Parlant du puissant Foehn* passé, espérons-le.
Parlant sur la grande fin du monde et des événements passés,
Sur les Runes anciennes, glyphes sacrées des Eléments*.
58
Là, dans l'herbe, les Echiquiers d'or*,
Des très glorieux, seront retrouvés,
Ceux qu'ils possédaient dans les temps anciens.
59
Sur des terres où rien n'a été semé, pousseront toutes plantes,
Tout ce qui allait mal ira bien ;
Les temple des Eléments et des Ases réincarnés* sera dressé sur les ruines d'Ysetur*,
60
Alors l'indécis* prendra les baguettes sanglantes de la prophétie,
Et les fils d'Ygg*, habiteront pour toujours
Dans la grande maison des vents* :
61
Je vois un Palais plus éclatant que le Soleil,
Au toit d'or rouge, que l'on appelle Gimlé,
Là, trôneront les Eveillés*;
Et vivront pour toujours dans la paix et la joie.
62
Alors Elle viendra par la Porte Arc-en-ciel,
La Grande Dame* guidant les Hommes égarés.
63*
Apportant la Lumière aux âmes,
Mais les ombres sur leurs corps…*
63 bis
Volant, arrivera le Dragon Noir,
Nidhogg montera, depuis les profondeurs de Nitha ;
Comme il survole les plaines, il porte sur ses ailes,
L'âme des damnés : maintenant ils sombrent…*

L'Explication de texte

  • [1-1] : "Volva" : Voir "Seidr ou la Magie des Runes" ; Parfois nommée Heïti.
  • [1-3] : "Seidr" : Voir "Seidr ou la Magie des Runes".
  • [1-4] : "Malicieuses" : Remplace le terme "mauvaise" qui était sans doute une diabolisation des femmes initiées aux secrets du Seidr.
  • [3-1] : "Hommes" : Remplace Odin dans le sens que les Hommes seuls sont dépositaires de son existence et par extension les Eléments qu'il symbolise. Ils sont la terreur des Ases car s'ils ne les louent plus alors ils disparaîtront. Notons que les Hommes, toujours en quête de leurs origines (mémoires) interrogent continuellement les Volvas, gardiennes des secrets du Destin.
  • [3-5] : "Mimir" : Remplace la "mémoire" comme personnification ancestrale.
  • [3-6] : "pleurs des Nornes" : Remplace ici "l'hydromel d'Odin" - Odin ayant volé le breuvage de la poésie et Kvasir ayant été crée par la salive des Dieux, il est intéressant de faire brasser ce breuvage par les filles du destin.
  • [3-7] : "Et bien que veux-tu savoir de plus ?" : Formule récurrente que l'on retrouve à la fin de plusieurs strophes et qui a été omise hormis pour celui-ci dans un souci d'explication.
  • [4-1] : "les Gués" : Terme remplaçant le "pont Bifrost" comme passage vers les sphères célestes et les voies secrètes de la connaissance runique.
  • [4-3] : "un cours d'eau précieux" : Certainement la source des Nornes où se trouve le puits de la connaissance. N'oublions pas que nous venons de l'eau…
  • [4-4] : "L'oeil" : L'œil qu'a sacrifié Odin dans le puits de la connaissance.
  • [5-2] : "les Ases" : Les Dieux du Hof Nordique venant après les Anciens, les Vanes.
  • [5-3] : "les aïeux" : Ici désigne les esprits d'Odin au Valhalla et les descendants de Rig-Heimdall, le père des Hommes.
  • [6-1] : "les Eléments" : Remplace ici les Géants primordiaux, symboles des Eléments.
  • [6-4] : "L'Arbre" : Remplace le frêne Yggdrasil encore jeune pousse alors.
  • [7-1] : "la Terre" : RemplaceYmir, le Géant originel dont le corps forme les Mondes.
  • [7-4] : "fossé béant" : Désigne le vide primordial, Ginnungagap.
  • [8-1] : "Ses Fils" : Remplace "les fils de Bur", en fait les descendants du Géant Ymir.
  • [8-4] : "l'herbe verte" : Désigne les premières pousses du monde et remplace les poireaux !
  • [9-1] : Le Soleil est en fait Sol (féminin pour les Nordiques) et Mani (la Lune), masculine.
  • [11-1] : "Earendel" : Remplace le monde d'Asgard dans le sens que les Ases puissent avoir une essence provenant des étoiles. (Interprétation personnelle).
  • [11-3] : "les Dvergrs" : En fait les Nains renvoyant peut-être aux cavernes protectrices des premiers Hommes. Les Sviagriss étaient des anneaux d'or suivant les lignées. (Int. personnel).
  • [12-1] : "les échec" : Jeu ancien semblable aux Echecs du nom de Tafl.
  • [12-3] : "Les Trois-Vents" : Remplace les "trois Vierges-Géantes"… En fait les trois Nornes venues du monde des Géants, le Jotunheim. Mais leurs véritables origines restent énigmatiques et il est probable qu'elles étaient bien plus nombreuses et différentes.
  • [13-1] : "Thing" : Remplace le "conseil", en fait l'assemblée des hommes-libres.
  • [13-4] : "La lumière… changement" : le texte originel parle des Nains préservant le souffle de la vie qui ici a été changé par la Lumière menacée par les Eléments incontrôlables.
  • [13bis-4] : Le sang de la terre et ses os désignent en fait Brimir et Blain qui renvoie certainement à des différents noms d'Ymir.
  • [14-4] : "la boue" : L'argile faite de terre et d'eau utilisée pour créer la forme des Hommes.
  • [21-3] : "Mokkuralfar" : Kenning personnel pour induire l'idée de "Golem" afin d'imager la création faite de boue des Nains représentant les Hommes.
  • [22-1] : "souffle sacré" : Remplace l'önd, le souffle de vie animant les êtres.
  • [22-3-3-4] : "l'un, l'autre, le dernier" : Remplace les trois dieux insufflant la vie aux humains, dans l'ordre, Odin, Hoenir et Lodur.
  • [24-2] : "…d'où elles proviennent" : on parle à l'origine de la mer ou d'une mare…
  • [25-2] : " Vane qui maudie et rend fou " : Remplace la "géante Gullveig". En fait, Gullveig représente l'or et son pouvoir qui fascine et rend fou. L'or est donc à l'origine de la guerre entres les Vanes et les Ases. Par extension c'est aussi l'anneau de pouvoir symbole de la toute puissance qui même trois fois brûler ne peut disparaître.
  • [25-3] : "Har" : Odin.
  • [26-3] : " Wehrgeld " : Le Wehrgeld est une ancienne coutume qui donnait un tribut à payer en réparation d'un crime. Ce terme remplaçant est une interprétation personnelle.
  • [27-3] : "la Lance" : Une coutume guerrière du nord où une lance était projeté au-dessus de la bataille pour s'attirer les faveurs d'Odin.
  • [27-3-2] : "rempart" : Kenning pour Asgard, l'enclos ou l'enceinte des Ases.
  • [28-4] : "l'immortalité aux Hommes" : Changement personnel pour expliquer ce qui avait pu déclencher la guerre. Freyja y est citée comme cause : ce qui renvoie à sa connaissance ultime du Seidr et donc de l'immortalité que recherche les Hommes. (Interprétation personnelle).
  • [29-2] : "marteau" : Remplace symboliquement le dieu "Thor". Les serments ayant été rompus, il fut le seul à combattre rageusement les Géants trahis. D'ailleurs son marteau est un talisman favorisant les unions et pactes.
  • [29-3] : "Varars" : Pactes portant le nom de Var, déesse des engagements loyaux.
  • [30-1] : "les Peurs" : Remplace ce qui fait craindre la tempête, en fait ici les "Valkyries".
  • [30-5] : "les Valkyrjas" : Autre nom des Valkyries aux origines démoniaques.
  • [33-4] : "la halle des Occis" : Le Valhalla où vont les guerriers honorables.
  • [34-3] : "maîtresse" : Ici la femme de Loki le soignant durant sa captivité, en fait Sygin.
  • [35-3] : "brûlures" : Loki fut enchaîné pour ne plus faire le mal et un venin lui crachait un venin corrosif sur son visage que Sygin tentait de récupérer dans un bol.
  • [36-4] : "la Vouivre" : Image du Serpent-Dragon "Niddhog" (Int. personnelle).
  • [37-2] : "Scaldes" : Mis pour renforcer le breuvage de Kvasir, l'élixir des poètes. Bragi a été rajouté comme le versificateur divin des scaldes. (Interprétation personnelle).
  • [39-1] : "la forêt de fer" : Désigne la forêt de Jarnvid.
  • [39-2] : "les monstres" : Fenrir, Jormungandr et Hel, les enfants de Loki et de la vieille femme nommée en début de strophe.
  • [39-3] : "progéniture" : Remplace la descendance de Fenrir, en fait les loups Skoll et Hati.
  • [41-2] : Le gardien se nomme Eggther dans la strophe et il est gardien des Géantes qu'un Kenning présentent ici comme Trolles car leurs natures reste trouble.
  • [42-2] : Herjan signifiant Odin comme chef des guerriers morts, il était plus significatif de remplacer "les Héros" de la strophe par leurs noms, les Einherjars.
  • [43-1] : "la Bête" : Remplace Garm, un chien effrayant gardien de l'enfer de Hel.
  • [43-5] : On parle ici de jugement des Ases en place de crépuscule des dieux. Car le Ragna röc (ragnarok) décrit plus un changement de Destinée des dieux qu'une fin fataliste.
  • [45-1] : "les Corbeaux" : Remplace ici la "mémoire" symbolisée par les corbeaux d'Odin, Huggin et Munnin.
  • [45-2] : "corne du trépas" : la corne d'Heimdall, "Gjallhorn".
  • [45-3] : "l'Ase Blanc" : Remplace ici "Heimdall" - En fait un de ses autres noms.
  • [45-4] : "sombre château" : Remplace ici la "demeure de Hel".
  • [46-3] : "les flammes géantes" : Désignent à la fois Fenrir détaché et Surt, Géant du feu.
  • [47-4] : "les Sages Rois" : Remplace ici les Seigneurs de chaque race d'êtres vivants car la strophe reste complexe parlant des Nains mais sans précisions.
  • [48-1] : "la menace" : Remplace le nom du Géant "Hrym".
  • [48-2] : "le ver de Midgard" : En fait le serpent Jormungandr, ceinturant Midgard.
  • [48-3] : "l'aigle" : Remplace Hraesvelg, l'avaleur de cadavre, l'aigle de Helheim.
  • [49-3] : "des ongles morts" : Remplace ici "Naglafar", en fait le bateau des morts du Royaume de Hel.
  • [49-5] : "l'Ase maléfique" : Le frère de Loki, Byleistr qui reste une énigme. D'ailleurs Loki et le barreur de Helheim sont parfois confondus, l'un venant de l'Est, l'autre du Nord…
  • [50-1] : Kenning de Surt le maître de Muspell et des Géants du feu.
  • [50-2] : "l"épée de Hel" : Cette épée reste une énigme quand à sa réelle provenance…
  • [50-3] : "les rochers" : En fait les "Trolls" qui se muaient en pierre au contact du Soleil.
  • [50-4] : "vers le paradis de leurs espoirs" : un Heïti renvoyant à l'espoir des Hommes de détruire à jamais le royaume de Hel, en fait la Mort elle-même. (Interprétation personnelle)
  • [51-1] : "Hlin" : Autre nom de Frigg.
  • [51-2] : "Celle qu'elle aime" : Odin, le mari de Frigg.
  • [52-1] : "le fils du Dieu défait" : Remplace le nom du fils d'Odin le vengeant, "Vidar".
  • [52-3] : "le fils du Mal" : Ici remplace le "fils de Hvedrung", en fait Loki.
  • [53-3] : "le plus fort de tous" : Un Kenning désignant Thor (son fils le sera encore plus). A noter que le venin s'écoulant de Jormungandr finira par tuer le dieu au marteau.
  • [57-2] : "Foehn" : Remplace les "événements passés", en fait la Guerre symbolisé par ce Heïti désignant un vent chaud et rendant fou.
  • [57-4] : "glyphes des Eléments" : Un autre Heïti symbolisant l'aube des temps.
  • [58-1] : "les Echiquiers d'or" : Remplace ici les "Tablettes d'or" perdues à l'origine du monde et qui seront retrouvées.
  • [59-2] : "les Ases réincarnés " : Heïti remplaçant les "Dieux" mais qui dénote la croyance en la réincarnation du monde Nordique. (Interprétation personnelle).
  • [59-2-2] : "Ysetur" : La "Cité des Rois-Elfes"… symbolisant en fait la poussière d'étoiles à l'origine de la vie. (Interprétation personnelle en corrélation avec la strophe 21).
  • [60-1] : "l'indécis" : Un Heïti pour Hoenir, le frère d'Odin, prédicateur douteux.
  • [60-2] : "les fils d'Ygg" : Heïti des fils d'Odin, en fait les nouveaux Ases réincarnés.
  • [60-3] : "la grande maison des vents" : Désigne Vidheim ou Vidblainn (bleu intense).
  • [61-3] : "Eveillés" : Kenning pour désigner les "sages" qui vivront à Gimlé dans la paix.
  • [62-2] : "la Grande-Dame" : Strophe interprétée librement en remplaçant le "Il" par "Elle". En fait la nouvelle spiritualité serait plus basée sur une Déesse ou une puissance féminine comme le laisse penser une strophe des Eddas parlant de l'arrivée de "l'auréole des Elfes" après la fin des Dieux. Elle serait la réincarnation de Freyja, présentée comme sa fille.
  • [63] : La strophe originel est la 63 Bis symboliquement reformulée dans la strophe 63 où il est plus intéressant de laisser énigmatique ce qui arrivera après l'arrivée de "l'auréole des Elfes.", aucune version n'ayant attesté de la fin de la prophétie.
  • [63bis-4] : "ils sombrent" : Désigne à la fois le mal (sous les traits de Niddhog) retournant sous la terre mais aussi la Volva disparaissant à la fin de sa prophétie.

Les deux versions sont possibles car les textes restent sibyllins pour cette ultime strophe.

Liens externes

La Völuspá en version originale


Sagas et Prophéties

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